Laëtitia

août 312013
 

Voici le résultat de petits calculs concernant l’âge moyen au décès de mes ascendants.

J’ai effectué cette recherche sur la liste de mes ascendants dont je connais les dates de naissance et de décès, soit 216 personnes : 115 hommes et 101 femmes.

Voici donc le résultat :

Siècle de naissance Hommes Age moyen au décès Femmes Age moyen au décès Tous Age moyen au décès
1500-1599 6 66,17 5 65,4 11 65,82
1600-1699 36 56,78 27 61,89 63 58,97
1700-1799 50 59,64 45 59,76 95 59,69
1800-1899 21 61 20 60,05 41 60,54
1900-1999 2 83,5 4 71,25 6 75,33
Tous 115 59,75 101 61,12 216 60,39

L’âge moyen au décès de mes ancêtres est donc d’environ 60,39 ans. Il est un peu plus élevé pour les femmes mais de très peu.

Ce qui frappe est de voir que finalement cet âge est relativement constant au fil des siècles puisqu’il oscille entre 58.97 ans et 60.54 ans du XVIIième au XIXième siècle. Il n’augmente réellement qu’au XXième siècle, mais ce chiffre est sujet à caution, tout comme celui du XVIième, étant donné le peu de personnes nées au cours de ces siècles.

Ces chiffres semblent être dans la moyenne. Je ne sais pas s’il existe des statistiques globales pour la France et pour chaque siècle, mais d’autres généalogistes ont fait le même type de calculs (Généaligne, Oh mes Aïeux… ou Mistike par exemple) et ont trouvé des chiffres semblables.

Il s’agit là d’âges moyens, mais certains ont évidemment vécu beaucoup moins ou plus longtemps. Les extrêmes dans mon ascendance sont :

  • Pour les hommes :
    • François Musmaque (sosa 2776) né le 22 août 1684 à Sarcus (60) et décédé au même lieu le 14 mars 1708 à 23 ans.
    • Charles Moisan, mon grand-père maternel, né à Vannes (56) le 29 août 1912 et décédé à Bois-Guillaume (76) le 12 juillet 2002 à 89 ans, presque 90.
  • Pour les femmes :
    • Marie Rose Victoire Gruel (sosa 189) née le 7 décembre 1805 à la Neuville-Champ-d’Oisel (76) et décédée au même lieu le 29 juillet 1829 à 24 ans.
    • Marie Lapôtre (sosa 371) née le 20 juillet 1784 à Pîtres (27) et décédée à la Neuville-Champ-d’Oisel (76) le 2 mai 1847 à 92 ans.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer. Ces calculs ont été réalisés en 2010)

Les lanternes des morts

 Généalogie Marie  Commentaires fermés sur Les lanternes des morts
août 312013
 

Article de l’Illustration n° 4574 du 1er novembre 1930

Messer Guido Cavalcanti savait bien qu’on le raillait dans les compagnies de l’attachement qu’il avait aux choses éternelles. C’est pourquoi il fuyait les vivants et recherchait les morts.
Anatole France (Le Puits de Sainte-Claire.)

Le Jour des Morts est la cime de l’année. Ce cri, jailli des lèvres de Barrès au début de son magnifique 2 novembre en Lorraine, comment ne se représenterait-il pas indéfiniment chaque année, tout le long de cette funèbre journée, en l’âme meurtrie de ces hommes, dont je suis, qui ont vu mourir à vingt ans la plupart de leurs contemporains et qui, depuis lors, ne peuvent plus apercevoir la vie qu’à travers un pâle réseau d’innombrables croix de bois ?…
Nulles heures ne savent mieux aviver nos secrètes puissances de sentir que celles des lendemains de Toussaint, dont les fièvres salutaires palpitent sous un ciel cendré. En notre âme endeuillée fermente intensément, pendant cette journée, le souvenir de ceux qui nous précédèrent, de ceux que nous aimions, de ceux qui nous aimèrent. Et, par cette fécondation mortuaire, notre pensée devient un terrain très favorable à l’épanouissement spontané de ces vérités que nous peut seul révéler un intime contact avec la terre et avec les morts. Ce début de novembre est l’instant parfait d’une préparation morale à tout ce qui doit être entrepris ou supporté tous les autres mois. Tant de pensées qui s’en vont à la mort nous incitent à parer notre vie d’une beauté voulue. En vérité, c’est d’une tombe que l’homme reçoit ses meilleures directions de vie, ses plus sûrs motifs d’action.
En ce jour privilégié pour l’âme, il n’est pas de promenade plus indiquée qu’une visite aux lanternes des morts. Jamais le culte des disparus ne se concrétisa en un plus harmonieux jaillissement. Jamais les espérances en l’au-delà ne se résumèrent plus joliment qu’en ces lueurs perpétuellement entretenues sur les tombes, attestant au-dessus des chairs décomposées, l’immortalité de l’esprit. Disséminées sur le sol français, ces veilleuses funèbres sont la plus pure expression de la piété de ceux qui passent envers ceux qui sont passés, le plus bel hommage du périssable à l’éternel.
*
**
Partout et toujours les morts ont été respectés et craints par les vivants. On oublie leurs leçons, mais on honore leur cendre. Atoutes les époques et chez tous les peuples, le mystère de l’autre vie, de l’existence qui suit la mort, préoccupa vivement les esprits et se traduisit par de touchantes sollicitudes. En Egypte, pour assurer la survie de l’ombre, du Ka mystique, du « double » d’un être devenu immatériel, l’on accumulait dans la tombe des provisions et des urnes, des coupes et des trésors, cependant que, songeant à l’âme, l’on traçait au sommet du mausolée un souhait semblable à celui dont on discerne encore les hiéroglyphes dans la vallée des Rois, au dessus de sarcophage de Séti Ier :
« RESURRECTION – ETERNITE »
N’est-ce pas le même souci qui, à Rome comme en Grèce, faisait déposer dans la bouche du défunt une obole destinée à payer le prix réclamé par Charon pour le passage du Styx en la barque fatale[1], tandis que, pour l’existence obscure de la tombe, l’on entretenait près du défunt des armes et des bijoux. Chez les Hébreux, pour qui le trépas était un châtiment, des sacrifices expiatoires étaient accomplis dans le même but pour retirer les morts du schéol, ce lieu redoutable où se rassemblaient les disparus après leur dernier soupir, et pour leur obtenir les joies de la résurrection de la chair, tant espérées et prédites par Job.
Mais il appartenait à l’Eglise du Christ de remplacer ces pratiques et ces cérémonies par un acte du coeur, par la prière pour les morts. « Nous célébrons les trépassés, déclare Origène dès le troisième siècle, parce que ceux-là ne meurent pas qui paraissent mourir. » Or, quoi de mieux qu’une lueur pour symboliser – tout en inspirant et réclamant aux fidèles de bienfaisantes oraisons – la flamme sacrée du souvenir d’où jaillit cette prière ? D’autre part, une lumière perpétuellement renouvelée n’est-elle pas aussi l’image de ces foyers de clarté – formés par les traditions et les croyances – que se transmettent d’âge en âge les générations successives, la réplique de l’antique flambeau passant de main en main et que le vent de la course attisait encore ? Tout le divin peut se réconcilier autour d’un feu sacré.
Voilà pourquoi, longtemps même avant que le christianisme ne couvrît notre sol de lanternes des morts, l’entretien de veilleuses sur les sépultures constituait un rite essentiel du culte des trépassés. Les premiers chrétiens ne firent qu’imiter les païens[2] en plaçant des lampes dans les tombeaux et en allumant des cierges autour des morts. Le cierge, voilà bien la descendance chrétiennes de ces torches dont on illuminait, dans la Rome des dieux, le corps du gisant durant les funérailles. Et le geste pieux de ces paysans de Haute-Saône qui, aujourd’hui encore, disposent au soir de la Toussaint une lumière devant chaque tombe de leur cimetière, rejoint, au plus lointain des âges, l’appel formulé sur une tombe païenne des premiers siècles de notre ère : « Qu’on veuille bien prendre soin d’entretenir, d’orner, de couronner la statue de ce défunt et celle de son épouse et qu’on y allume des cierges. »
Mais bientôt l’Eglise s’avisa de prendre ombrage des origines peu orthodoxes de ce funèbre luminaire. Au concile d’Elvire (vers 325), elle interdit d’allumer des feux dans les cimetières, appuyant cette décision sur le caractère de superstition dont s’enveloppait encore cette coutume. Cela ne dura pas longtemps. Les ténèbres momentanées se dissipèrent. Et la lumière revint vaciller sur les tombes. Des textes nous révèlent la présence de chandelles de cire lors des funérailles de l’évêque Fonteïa Concordia et de la soeur de saint Grégoire de Nysse. La flamme avait triomphé des textes qui la voulaient étouffer.
Il est vrai que, pour être introduit dans la liturgie nouvelle, le cierge avait reçu, des pieuses mains de Pierre d’Esquilin et de saint Ambroise, le baptême symbolique. Il était devenu l’image du Christ en les trois parties qui le composent. Sa cire est la chair très chaste et pure du Sauveur, né d’une vierge; sa mèche, celée en cette cire, est l’âme très sainte de Jésus, cachée sous l’enveloppe de son corps; sa flamme est l’emblème de la déité de Notre Seigneur. Auprès d’un défunt, la vacillante lumière des cires consumées rappelait désormais la radieuse foi dont avaient été irradiées ces chairs glacées, en même temps que les éblouissements éternels du paradis. Saint Jérôme prend soin de préciser ce lumineux présage de vie immortelle : « On allume des cierges près du corps des défunts pour signifier qu’ils sont morts illuminés des clartés de la foi et qu’ils resplendissent maintenant dans la gloire de la céleste patrie. » Ingénieuses beautés, troublante poésie de la symbolique, dont s’enchantait Huysmans devant la Cathédrale…
Du cierge individuel à la lanterne collective, il n’y a qu’un pas. Il fut assez vite franchi. Pour attirer la protection divine sur les morts rassemblés dans les champs de repos et pour leur valoir des prières, l’on alluma très tôt des feux dans les cimetières. Puis le fanal se précise, s’orne et se développe. Tandis que se déroulent les rudes siècles du moyen âge, voici que des colonnes creuses, dont la silhouette s’affine et se décore progressivement, s’élèvent pour contenir le feu sacré. A côté du clocher de l’église des vivants, la lanterne des morts élève son clocheton. Tour à tour romane ou ogivale, de style renaissance ou classique, tantôt cylindrique, tantôt carrée, tantôt octogonale ou hexagonale, elle dresse, peu à peu, dans les cimetières de France, son aiguille ajourée. Hélas ! c’est au passé qu’il faut mettre aujourd’hui ce présent ! Car bien peu de ces charmants monuments ont survécus aux dévastations séculaires. Les fureurs absurdes des révolutions et des guerres, la dégradation des climats, et surtout, le déplacement des cimetières leur furet fatals. Lorsqu’on s’avisa d’éloigner du coeur des villages, au nom de l’hygiène, les tombes jadis placées autour des églises, on négligea toujours, et l’on abattit parfois le phare de l’ancien cimetière. Tant et si bien qu’aujourd’hui il n’en reste pas cinquante à travers toute la France. Et il n’y a guère qu’en notre pays que l’on en puisse rencontrer. Sans doute, en Toscane, une chapelle funéraire du quatorzième siècle s’adorne d’une de ces veilleuses funèbres. Mais ce sont des moines de Cîteaux qui la bâtirent dans le cimetière de l’abbaye de San Galgano. Sans doute il existe en Autriche, en Tyrol et en Bohême des piliers analogues où, près de la lueur funèbre, des cloches sont logées. Mais ces colonnes de bois ou de pierre ne sont que les filles des nôtres, puisqu’elles furent toutes bâties aux quinzième et seizième siècles, tandis que nos fanaux mortuaires datent presque tous du douzième et du treizième siècle. Quant aux vieilles tours isolées que possèdent l’Ecosse et l’Irlande, ne nous pressons pas trop de les assimiler aux lanternes des morts. Leur destinée nous demeure trop mystérieuse pour risquer semblable attribution. Et rendons enfin aux croisés, qui apportèrent en Orient cette émouvante coutume, la lanterne des morts de Saint-Jean-d’Acre, dont il est parlé dans la Chronique de Rains :
« A dont mourut Salahedin… et lui enfouis en la cymitère Saint-Nicholaï-d’Acre, de jouste sa mère qui moult ricement y fut ensevelie ; et a sur eux une tournière (lanterne) bièle et grand, où il est nuit et pour une lampe pleine d’huile d’olive. »
N’en déplaise à Saladin, sultan d’Egypte et de Syrie, annexons sans remords cet édifice des Lieux Saints.
La France est donc l’indiscutable patrie des lanternes des morts, C’est sur notre territoire qu’elles naquirent et se développèrent. Mais comment se fait-il qu’on les rencontre seulement en certaines régions du Centre et de l’Ouest ? Sauf de très rares exceptions, elles sont toutes rassemblées, suivant un ordre concentrique, autour d’un foyer de rayonnemennt constitué par l’actuel département de la Haute-Vienne qui, à lui seul, en compta vingt. Autour de ce noyau central, elles s’échelonnent tout le long des départements limitrophes. Puis tout s’éteint. Pourquoi sont-elles groupées ainsi ? Nul ne l’a dit. Et le mystère de cette répartition n’a jamais été dissipé. Viollet-le-Duc déclare bien que « ce sont les territoires où se trouvent les pierres levées qui nous présentent des exemples assez fréquents de lanternes des morts ». Mais l’inexactitude de cette assertion saute aux yeux les moins avertis. Car en Bretagne, où se dressent le plus grand nombre de pierre levées, il n’y a pas une seule lanterne des morts.
Alors faut-il se résigner à ne jamais percer le voile de ces origines obscures ? Non pas. Si l’on regarde quelque peu une carte de la formation historique du territoire français, une curieuse remarque s’impose bientôt à l’esprit. Tout ce rassemblement de monuments funèbres se trouve à peu près exactement contenu dans les limites de l’ancien duché d’Aquitaine, créé après le démembrement féodal survenu àla fin du dixième siècle. Limoges, centre de ce duché, est, en même temps, le centre de rayonnement de ces lueurs mortuaires. Alors, n’est-il pas permis de croire que ces fanaux de pierre étaient une tradition, une coutume de ce duché ? Et, d’autre part, après avoir situé leur province natale, pourquoi ne pas voir en elles – et ceci non plus n’a jamais été remarqué – une conception de la race celtique qui peupla ces régions ? Le dieu des Celtes : Cruth-Lod, n’habitait-il pas un palais dont le toit était parsemé de feux nocturnes ? Puis, ce culte des morts, cette tendre douceur envers les trépassés, cette poésie du souvenir et de la douleur, ce sont bien là des caractères essentiellement celtiques. Enfin, l’on vient de constater, en parcourant les lignes précédentes, qu’en dehors de France ces lanternes existaient seulement en Ecosse ou en Autriche. Or ces territoires furent occupés longuement par les Celtes. Enfin j’ai remarqué que, presque toujours, les lanternes des morts s’élèvent où s’élevèrent là où se trouvait une abbaye bénédictine. Il y a là, à mon avis, plus qu’une coïncidence. D’autant que, tout justement, la commémoration des morts du 2 novembre est une pratique religieuse qui prit naissance à l’abbaye de Cluny et n’exista longtemps que dans les couvents de l’ordre de Saint-Benoît. En attendant que cette filiation ou adoption bénédictine des lanternes des morts puisse être approfondie – et je compte bien m’y consacrer – je crois pouvoir affirmer déjà que, si les bénédictins ne furent pas les créateurs de ces fanaux de pierre, ils en furent tout au moins les pieux propagateurs[3]. Tout cela semble permettre de jeter sur ces lueurs funèbres quelques définitives clartés.
*
**
Après s’être penché sur leur berceau, il n’est pas inutile de décrire quelque peu les lanternes des morts. Placés dans les cimetières[4], là où partout ailleurs s’élève la haute croix de pierre dont ils tiennent la place, dressés sur une plate-forme plus ou moins élevée, ces phares des trépassés se composent d’un pilier creux surmonté d’un lanterneau ajouré, à toiture pyramidale ou conique, portant une croix en son sommet. Ils sont creux pour permettre l’élévation de la flamme dont ils constituaient le reposoir et ajourés en leur partie supérieure afin de favoriser le rayonnement de la lueur qu’ils contenaient. Cette lueur était introduite, soit – quand le canal d’accession était étroit – par une petite ouverture carrée, disposées à cet effet à la partie inférieure du pilier, d’où la veilleuse était hissée par une poulie jusqu’à son logement, soit – lorsque le fanal funèbre était plus large – par une porte placées à la base du monument, d’où la lampe était montée par un homme grâce à un escalier intérieur ou grâce à des trous disposés en gradins le long de la colonne afin que le grimpeur y pût placer les pieds.
Une table d’autel accompagne d’ordinaire les lanternes des morts. Partout l’autel est orienté avec soin selon les règles précises édictées par l’Eglise. Auprès de lui se retrouvent parfois les vestiges d’une crédence de pierre où, pendant le service de la messe, les burettes étaient placées. A quoi pouvait servir cet autel ? Sans doute à des cérémonies mortuaires. Il ne faut pas oublier que, très souvent, le seigneur du lieu, en faisant don à un corps religieux d’une église paroissiale, apportait à sa libéralité cette restriction que le droit de sépulture n’était pas compris dans cette donation. Les morts du village n’étaient donc pas introduits dans l’église et la messe funèbre des humbles se déroulait dans le cimetière, autour du fanal sacré. Parmi les tombes antérieures, le gisant attendait l’absoute avant de s’enfoncer dans la terre des morts, cependant que, là-haut, tremblotant au sommet du phare, la petite lueur affirmait l’espérance en la vie éternelle.
En dehors de la célébration de ces tristes cérémonies, à quoi étaient donc destinées les lanternes des morts ? Cette question a fait couler beaucoup d’encre et déchaîné bien des erreurs. On a voulu faire de ces édicules religieux ds monuments druidiques ou gaulois, romains ou maures. N’a-t-on même pas été jusqu’à les déclarer consacrés aux dieux mânes ! Tout cela est pure imagination. Les plus anciennes lanternes funéraires dont la trace nous soit parvenue sont postérieures aux terreurs de l’an mil et furent élevées en des siècles où les Gaulois, les Romains et les Maures avaient depuis longtemps disparu de notre sol.
D’autres commentateurs ont avancé que, par les feux placés à leur sommet, elles servaient de fanaux pour les voyageurs, parfois de phares pour les marins. C’est encore faire fausse route. Si ces lanternes étaient placées bien en vue dans les champs de repos, le plus souvent au bord des chemins, de façon à être parfaitement aperçues des passants, c’est que, le but des tombeaux étant, selon les termes de saint Augustin, « d’admonester les vivants de prier pour les morts », la lueur de la veilleuse funèbre avait pour dessein primordial d’attirer aux morts, dont elle s’entourait, le plus grand nombre possible de prières. C’est d’ailleurs pour cette même raison que les cimetières furent primitivement placés autour de cet incomparable lieu de rassemblement constitué par les églises, comme aussi devant les portes des villes et sur les grands chemins, « afin que, par ce moyen, ajoute Sponde dans les Cimetières sacrés les passants et les voyageurs qui entrent ou sortent des cités se souviennent de prier pour ceux qui y sont enterrés ».
Oui, c’est bien là, sans aucun doute, le but essentiel des lanternes des morts. Construites en des siècles de foi, elles sont des édifices de foi, élevés dans un dessein totalement religieux et mystique. C’est errer que les vouloir relier au paganisme, comme le fait Viollet-le-Duc lorsqu’il déclar retrouver en elles une vague survivance du culte des peuples antiques pour le feu. C’est errer encore que les rattacher aux superstitions primitives, sur les traces d’un archéologue poitevin, M. Le Cointre, qui les croit destinées à préserver les vivants de la peur des revenants, de ce « timore nocturno », de ce « negotio perambulante tenebris », dont parle le Psalmiste. Certes, il serait vain de nier les frayeurs de nos pères devant la nuit et devant la mort.Le sage roi Salomon, lui-même, ne s’entourait-il pas, lorsqu’il reposait, de soixante soldats, choisis parmi les plus vaillants et les plus armés de ses gardes, « en raison, dit le sacré Epithalame, des frayeurs de la nuit qui troublaient son repos » ? Nos aïeux connaissaient bien ces sinistres histoires et redoutaient terriblement l’apparition inopportune des mauvais esprits. Mais s’ils attribuaient aux veilleuses funèbres le pouvoir d’endormir leurs superstitieuses terreurs, c’est que, grâce à elles, ils croyaient apaiser l’âme irritée du trépassé. Ils savaient qu’il n’est point de meilleur moyen pour calmer les exhibitions posthumes qu’un Pater ou qu’un Ave. De cette créance nous trouvons la preuve dans l’institution du clocheteur des trépassés, dont les promenades – aussi pieuses qu’incommodes – se perpétuèrent à Paris et dans le Laonnais jusqu’au dix-huitième siècle. C’était un veilleur de nuit qui parcourait, aux heures de sommeil, les rues désertes en agitant lentement une sonnette et en criant par intervalles :
Réveillez-vous, gens qui dormez,
Priez Dieu pour les trépassés.
Voilà donc bien le véritable but de ces lanternes funéraires : honorer les morts et les rappeler aux prières des vivants. La flamme qui brûle perpétuellement, de nos jours, sur la tombe du Soldat inconnu n’a-t-elle pas la même fonction sacrée ? Cette édifiante destination des veilleuses funèbres, Pierre de Clugni, surnommé le Vénérable, nous la confirme dès la première moitié du douzième siècle : « C’est, écrit-il, par respect pour les morts qui reposent dans le cimetière que cette lumière est entretenue. » Peu après, en 1187, Guillaume de Tournon ajoute que ces lampes « rappellent et symbolisent l’immortalité de l’âme ». Et d’autres textes nous précisent encore que nos pères voyaient en ces monuments un moyen d’obtenir auprès du Souverain Juge le salut éternel des gisants d’alentour en demandant à la lueur incessamment entretenue d’ « éclairer dans les voies éternelles les âmes des trépassés ».
La question est donc entendue. Affirmation de l’immortalité de l’âme, hommage aux morts, rappel incessant des morts aux vivants, telle est la triple signification et la triple mission de ces émouvantes aiguilles de pierre, appelées, suivant les provinces, fanal funéraire, tournière, lampier, lanterne des morts… Lanterne des morts… Terme joliment imagé, en lequel se trouve évoquée la belle destinée de ces phares dont se servent les trépassés pour nous rappeler leur souvenir, pour éclairer notre mémoire, pour nous signaler la présence des morts, de même que, le long des mêmes routes, d’autres lanternes nous signalent la présence des vivants.
Comment leur lumière était-elle entretenue ? Par des donations ou des legs. En 1187, par exemple, Bernard de Radulphe de Séchaine laisse six livres pour entretenir la lampe du cimetière de Dalon. Parfois on avait recours à d’autres ressources. A Saint-Goussaud, c’est le produit des quêtes qui servait à acheter l’huile nécessaire. A Montrol-Sénard, cette huile était forunie à tour de rôle par les villages voisins. A Saint-Amand-Magnazeix on l’extrayat des noyers dont s’ombrage encore le cimetière. Au Falgoux, trente personnes étaient chargées d’alimenter la veilleuse, et lorsqu’une d’entre elles disparaissait, son héritier ou plus proche parent était inscrit à sa place. Ainsi se perpétuent les traditions qui font les peuples forts.
Elles étaient allumées toutes les nuits, et souvent nuit et jour. Chaque jour des Morts, tout le village se rassemblait autour d’elles pour entendre dévotement une messe funèbre. La nuit précédente, des clercs, ayant reçu, à cet effet, des dons spéciaux, avaient passé la nuit en prières autour de la lanterne des trépassés. Les rares négligences dans l’accomplissement de ces oraisons salvatrices étaient rudement réprimées. Une chronique de Saint-Quentin nous relate l’histoire d’un clerc fustigé par un bourgeois pour avoir dit, au coin du feu, les sept psaumes de la pénitence qu’il devait, moyennant sept deniers, réciter sur l’herbe du cimetière.
Et, dans la brume des matins de novembre, le prêtre offrait aux morts le divin sacrifice.
… Lorsque le jour des morts imprimait sa tristesse
Aux coeurs emplis de foi : que, dans chaque maison,
Vers les parents défunts montait une oraison,
La lanterne des morts allumait sa détresse.
Et devant le flambeau tremblant au vent du Nord,
Illuminant la foule attentive et pleureuse,
Le prêtre élargissait sa plainte douloureuse
En tirant du mystère et de l’oubli ces morts.[5]
Maintenant, les lanternes des morts sont mortes presque toutes. A peine en reste-t-il cinq dizaines en France. Le beau chapelet de pierre… Et, parmi ces dernières et belles attardées, bien peu ont conservé leur antique fonction. Elles ne sont plus, en général, que des colonnes désertées. Ces vierges sages ont perdu leur lampe. Il est bien rare d’en pouvoir rencontrer une où la flamme sacrée brille encore. Ce précieux bonheur m’a été accordé récemment, au cours d’un voyage à travers la Vendée, en octobre dernier. Ce fut aux Moutiers-en-Retz, sur les bords de l’Atlantique, par un jour sombre et gris où la tempête d’équinoxe faisait rage et martelait avec fureur, de ses vagues exaspérées, les côtes proches. Seule au milieu des rafales et des averses qui noyaient sans arrêt le paysage, une faible lueur brillait derrière les fenêtres de la lanterne des morts… Lueur consolante au milieu de l’ombre menaçante, spiritualité opposée aux éléments brutalement déchaînés, chaleureuse flamme sous un ciel hostile…
– C’est, me dit un habitant, qu’il y a un mort dans le village. La coutume s’est toujours perpétuée d’allumer une lampe dans le fanal aussitôt qu’un décès se produit dans la commune et d’entretenir la lumière jour et nuit jusqu’au moment où le cadavre repose en terre.
Et, tout justement, l’enterrement apparaissait sur la place de l’église, précédé d’un vieux Vendéen portant entre ses bras, comme un enfant très cher, un grand crucifix d’argent. Puis, suivi de toutes les coiffes du village, le cercueil était porté sur une carriole, infiniment plus accordée au paysage que les détestables carrosseries de nos Pompes funèbres.
Pourquoi laisser tomber en désuétude un si touchant usage ? Qui ranimera la flamme dans nos lanternes funéraires ? Depuis la dernière guerre, la belle idée qui présida à leur conception a été reprise par un certain nombre d’architectes pour des monuments élevés aux innombrables sacrifiés. Sur les plus grands champs de bataille, des phares mortuaires dressant leur silhouette neuve, veillent sur le repos des glorieux trépassés. Ce que l’on a fait pour nos morts au champ d’honneur, pourquoi ne pas le faire pour les autres morts ? En Italie, la coutume des veilleuses funèbres s’est maintenue. A Brescia, tous les soirs, l’on allume un phare, au milieu du campo-santo. Pourquoi, dans nos cimetières, ne pas rétablir les lanternes des morts ?
Quoi qu’il en soit, si ces veilleuses funèbres n’existent plus guère autour de nous, elles existent du moins, partout en nous, depuis les tragiques mêlées où plus d’un million et demi de Français sont morts. Jamais le culte des disparus ne fut plus vif en notre pays qu’au lendemain d’une guerre aux hécatombes sans précédent. Cette, flamme qui, jadis, brillait en son foyer de pierre, c’est en nos coeurs qu’elle brille aujourd’hui. Rien ne pourrait atténuer son éclat. Les morts sacrés de 1914 à 1918, dont l’âme se haussa jusqu’aux suprêmes cimes morales, dont le douloureux sacrifice revêtit une inégalable beauté, qui payèrent de leur sang et de leur vie la victoire et la paix, ne doivent point être oubliés. C’est le devoir sacré de ceux qui restent de rappeler leur souvenir à ceux qui viennent. Ils ne s’y dérobent point. Ainsi placés à tous les carrefours de la vie, reflétant en leur ardent regard la flamme dont furent illuminées les brèves destinées de leurs camarades trop tôt tombés, c’est en les survivants de la dernière guerre qu’il faut chercher aujourd’hui les dernières lanternes des morts.

Roland Engerand

  1. Cette troublante coutume s’est d’ailleurs perpétuée depuis ces premiers siècles jusqu’à notre vingtième siècle. Le descendant d’une des plus illustres familles de Touraine, le comte de Rilly, m’apprit, ces mois derniers, que, lorsque mourut sa belle-mère, une pièce d’or fut glissée, par une vieille servante, entre les mains de la morte avant que le cercueil fût clos.
  2. « Oui, déclare saint Augustin, nous avons quelque chose de commun avec les païens, mais notre but est différent. »
  3. Un exemple parmi tant d’autres : dans le Puy-de-Dôme, sept lanternes des morts nous ont laissé leur trace. Six d’entre elles s’élevaient dans des villages où se trouvaient des prieurés bénédictins, et la septième auprès d’une commanderie des templiers.
  4. Si l’on en rencontre quelques_uns hors des enclos funèbres, c’est que le lieu où ils se dressent, devenu aujourd’hui promenade ou place publique, était primitivement un cimetière.
  5. Hubert Fillay – Les lanternes des morts.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer)

 

 

André Pessiot : le récit de son engagement dans l’armée en 1941-1942

 Généalogie Laëtitia  Commentaires fermés sur André Pessiot : le récit de son engagement dans l’armée en 1941-1942
août 312013
 

carnet 1Mon grand-père André Pessiot n’avait pas encore 19 ans quand il décida de s’engager dans l’armée pour devenir pilote d’avion… Il a écrit dans un petit carnet un récit de cet engagement. Je ne connais pas la date à laquelle ce texte a été rédigé, mais j’imagine que c’est probablement juste après sa démobilisation fin 42 ou début 43. Je recopie le texte tel quel, c’est à dire avec toutes les (très nombreuses) fautes d’orthographe… et la ponctuation aléatoire.

carnet 2

Nevers

Départ : Samedi 18 octobre 1941. de l’intendance de Nevers, à 5 heures je prends le train pour Orange-Karitat, nous passons par Clermont-Ferrant, et nous descendons sur le massif-central. Lundi 20 octobre 1941 : arrivé à Orange-Karitat reçu par une patrouille en gare et diriger sur la base ; réuni par chambres : nous avons été emmener au magasin toucher, couverture, paillasse etc nous avons rentré dans notre bâtiment faire notre lit, et après avois parlé nous nous sommes couchés. Mardi 21 octobre 1941 : Réveil à 6H1/2, nous nous sommes habillé pour aller au réfectoire, car nous n’avions rien pour boire ou manger, là ; nous sommes tombés sur les anciens qui nous ont mis en boîte, parce que nous avions l’air gauche dans nos nouveaux vêtements. Peluche, notre première corvée dans l’armée, nous avons ensuite été manger, puis deuxième corvée, de réfectoire cette fois, après on nous a laissez le restant de la soirée pour nous installer. nous avons bien astiquer notre chambré, car nous étions heureux de notre sort, tous volontaire pour nous être engager. Peu de temps avant l’heure de la soupe, l’adjudant de discipline vient faire une petite inspection, regarder partout, sous les lits, sur les planches à paquetages, nos chaussures, toujours aec ce petit air soupsonneux. car pour nous c’était une grosse légume que l’Adjudant, Coup de clairon. nous nous rassemblont tous sur la cour d’honneur et au garde-à-vous, nous assistont à la première cérémonie militaire. direction le réfectoire, nous posons tous nons gamelles, perçu dans la soiré, et nous voilà de nouveau tous à cette corvée de peluche. Une fois fini nous sommes retourner à nos tables respectives et là nous avons attendu le caporal de semaine pour qu’il nous signe les bons de soupe. les camarades de plats revenus avec la soupe nous voilà tous joyeux autour de nos gamelle à manger et à échanger nos premières impressions de la vie militaire. En général nous étions tous très content de cette nouvelle vie, quoique pour la plupart d’entre nous cela nous changeait beaucoup. nous y sommes rester encore un moment puis nous avons tous regagner nos chambre. A huit heures et demi nous avons renettoyer la chambre pour l’appel et ceux qui n’ont pas voulu ce coucher son rester debout en tenus pour présenter l’appel à l’Adjudant de semaine. que de chose avons nous parlez après l’appel, tous le sujets ont été discutés, mais malgré nous nous somme revenus sur un sujet qui nous était cher maintenant. la vie militaire – notre rêve à tous, car nous avions choisi l’Aviation, pour faire comme nos frères ainés l’on fait avant nous nous, nous avions tous la volonté de faie beaucoup mieux encore. Parmi mes camarades, il y avait des pilotes, des mécanos, des radio et même des mitrailleur, tous avait déjà choisis leur spécialité et attendait avec impatience déjà l’instant où il allait passer la visite médical pour être après diriger sur les écoles. Nous en étions encore à discuter avec enthousiasme, quand le clairon se mis à sonner l’extinction des feux. quelque temps après l’on entendis plus que des souffles légers dans la chambrée, annonçant le sommeil et bercer par des rêves qui tous n’était pas réserver uniquement à l’Aviaton, l’armée de l’air. 10 Novembre 1941 : Le grand jour est arrivé, nous sommes désigner à aller passé la visite médical à Montpellier. Le jour même nous prenont tous la direction de la gare avec tout notre paquetage et nos couvertures, nous quittons tous Orange avec un petit serrement de coeur, parce que nous avions tous apprécié nos premiers chefs militaire, du Cdt au dernier 1°/offic. tous ont été charmant avec nous, tant le Cdt qui nous fit ses adieux d’une façon paternel et nous donnant de grands conseils qui furent soigneusement écoutés tant pour ma part que pour tous mes camarades. 12 Novembre 1941 : Nous voilà arrivé à Montpellier centre de personnel qui devait nous garder que quelques jours car nous savions au départ que seul ceux serait reconnu apte à la visite serait garder les autres serait démobilisé, et tous autant que nous étions nous avions très peur de ne pas être reçu 14 Novembre 1941 : Nous montons tous dans un gros camion et nous voilà partis le coeur assez serré. Après une dizaine de kilmètres la Base de Frejorgues fut en vue et qui était le but de notre destination. sitôt arriver on nous dit de nous désabiller et nous voilà devant la commission 1° Examen générale : 2° Coeur poumon et foie devant des appareils spéciaux : et ensuite le système nerveux ; Moi qui devait passer dans les derniers je fut specteur un peu stupéfait de voir certain de mes camarades qui était beaucoup plus développer que moi, reconnu inapte pour le coeur où les poumons, où bien le foie malade, j’avoue que je n’étais pas très fière en ce moment : enfin l’instant redouter est venu un peu trop vie à mon grés : je passe d’abord devant un commandant qui me demande ce que je voulais faire dans l’armée après avoir inscrit toutes mes réponses, je passe devant le medecin aussi Cdt et il me regarde la bouche me palpe me fait passer à la bascule, à la toise, me fait lire des lettres minuscules sur un tableau à une dizaine de métre. et me parle pour voir si j’entendais bien, là j’avoue que je répondit d’instinct, car il répettait les mêmes paroles qu’à mes camarades, alors j’en ai profiter : résultat très bon, j’avais besoin de cet encouragement car je commençais à désespérer, pensez donc, s’être engager et refouler à la visite, adieux nos reves, nos espoirs de faire un jour de l’Aviation. Ensuite je passe à l’appareil toujours avec le toubib qui me regarde le coeur d’abord, je passe ensuite à un autre pour le foie et à la radio pour les poumons – résultat très bon : j’étais heureux d’un côté pour ce qui me concernais, mais malheureux d’un autre de voire beaucoup de mes camarades désespérer de ne pas avoir été pris. Je repasse pour la dernière fois devant la commission et là le toubib m’ausculte de très près, regarde la forme de mes membres, colonne vertébrale etc, et pris son petit maillet pour me frapper de petit coup sec sur mes genoux une fois assis, cela à du le satisfaire car il n’a pas insister et alors ces là qu’il me fit des compliments sur mon physique il dit que j’étais un des mieux proportionnés qui avait passer devant lui. Heureuse parole, car je me disais que pour moi tout allait bien. en effet après nous êtres habillés nous sommes repasser individuellement devant eux et là il nous apprenaient la bonne ou la mauvaise nouvelle. Sur 214 soldats qui avaient passé la visite 82 seulement était pris dont moi dans les premiers nous sommes remonter en camion qprès toutses événements assez important pour nous, car c’était le premier pas qui nous ouvrait toute grande les portes de notre avenir militaire. 4 Décembre 1941 : Enfin me voila parti pour aller faire mes classes a Chambaran dans l’Isère, nous partons 150 de Fréjorgues, tous très satisfait, ont nous fait mon dans un train spécial et nous voilà partis, de notre point de départ à notre arrivée nous avons traverser des coins charmant et surtout pittoresque surtout en arrivant dans l’Isère, nous avions l’impressions d’être tout petit sur cette voie de chemin de fer au mileu de deux montagnes dont les flancs étaient abruts. Nous sommes arrivés le soir à St Rambert d’Albon et là, nous avons progresser à pied jusqu’au camp, distant de 14 kilomètres au maximum. nous avons traverser le village de Viriville qui était d’ailleurs charmant tout au fond de la vallée d’une part et de la montagne de l’autre côté. Enfin après avoir beaucoup peiné, nous sommes tous arrivés fatigués au possible. La l’échelon précurseur avait préparé la soupe et sait avec plaisir que nous nous sommes mis à table. après sauf les hommes de corvée de réfectoire, nous sommes tous aller nous couchez. Le lendemain et les jours qui suivirent et cela jusqu’au moi de mai et par un température de moins 30 ° nous avons été formé à cette discipline rigide, mais consentie, les instructeurs ont fait de nous tous des soldats dans le sens du mot, discipliné, et attentif, soucieux de ne pas mal faire, par un système de progression, nous avons évolué, des mouvements de pied ferme, jusqu’au exercice de combat à arme blanche. A la fin du stage nous avont eu un peloton qui devait nous classer par ordre de valeur militaire, sur 217 que nous étions je suis arriver le 77eme – : 7 mars 1742 : Dès la fin du peloton, nous avons tous été disperser les uns à droite les autres à gauche, suivant que nos préférences, parait-il comme si le Cne Plique nous avaient demandés notre avis à ce sujet, moi et quelques camarades parmi les meilleures, nous avons eu la chance d’être affecter à Istres, vous vous rendez compte une école de pilotage, notre rêve à tous, puisque nous voulions être pilote, alors cela ne pouvait pas mieux tomber, quelle joie fut la notre pendant le voyage de St Rambert (Isère) à Istres, nous trouvions tou beau, nous nous étendions en compliment sur notre vie passé, adieu nos fatigue de l’hiver dernier dans la neige, adieu les levers glacial dans une température de moins trente degret tous les matins, à nous avions tout oublier, et jusqu’à la corvée de peluche en plein courant d’air, c’était je me rappelle le plus mauvais souvenir de notre stage, tout était oubliér, nous avions tous tirer un grand trait, sur nos misères passées, nous avions tous descidez de bannir de notre souvenir tout ce qui pouvait nous attristez pendant notre voyage. Oui ce fut un beau voyage, en avont nous fait des projets, plus où moins extravagants les uns que les autres, je pense que, si des gens sérieux étaient monté avec nous, tous nous auraient pris pour des exaltés, des jeunes gens sans beaucoup de jugeotte, où bien alors, ils auraient souris en voyant cette jeunesse qui, malgré les jours tristes du moment auraient pensé qu’elle ne perdait pas ses droits. Nous avont passé par Lyon la ville à mille cheminées, Valence la coquette, gentille petite ville où j’aurais bien oulu passé quelque heure à visiter, ses monument et objet d’art. Montélimart le pays du nougat, du moins avant guerre parce que nous n’avons seulement pas put nous en procurer, Avignon avec son joli pont et sa gentille chanson, Tarascon avec ses ancienne arènes et enfin Arles le pays du saucisson et des saucisse, nous avons eu d’ailleurs que le regard, puisque le train ne s’est arretter nul part qu’a Miramas où nous avont tous descendus pour prendre aussitôt le chemin d’Istres à pied, mais nous étions tous si heureux que quelque kilomètre de plus où de moins nous faisaient pas peur, arriver à 9 heures à Miramas en traversant la ville avec tous notre paquetage et dieu sait quel mal nous nous donnions pour pouvoir arriver à une heure pas trop avancer dans la Base. Sitôt après avoir quitter la ville pour le terrain nous avons commençer à voir les avions sillonés le ciel, car nous tombions en plein vol de nuit, quelle férie de voir tous ses feux multicolores aller, venir, monter et descendre dans tous les sens, surtout pour nous qui étions tous assez novice à ce sujet, avec quelle allégresse nous avons franchis nos 12 kilomètres qui nous séparaient de la gare à nos chambres, où malgré tout nous étions bien content de voir les phares tout illuminés de feux, jaune, vert, rouge, bleu, blanc, qui nous laisser espérer que la base n’était pas trop loin. Enfin nous y voilà, quel changement avec nos barraques en bois, d’immense caserne sur quatre rangée autour d’une grande place d’honneur avec le P.C. de commandement au fon, à l’entrée le poste et derrière l’infirmerie et la prison, et tout afait au fon la piste, les hangards et le mirador. Le service nous attendait pour nous diriger sur nos bâtiment respectif, où après nous avoir débarasser de nos paquetages, nous nous sommes tous alonger sur nos lits préparer depuis le matin, quelqu’un qui aurait passé une heure après, aurait vu tous ses jeunes bleus plongés dans un sommeil peupler de rêves aérien. Et la vie repris son court normal, a savoir, le réveil, culture physique, travail au hangard, descendons une heure avant la soupe pour le raport et les peluches, après la soupe et repos jusqu’à l’heure du travail à 2H, jusqu’a 5 heures pour redescendre nous reposer pour aller ensuite re-peluche et la soupe, puis libre d’aller se promener jusqu’à l’appel de 8 h et à 10 heures extingtion des feux. voilà en peux dde mot ce que fut notre nouvelle vie, Quoi, nous nous disions, ce n’est pas pour cela que nous étions engagez, moi je voulais entré au école, après renseignement, j’acquis la certitude que toute les écoles étaient fermées, alors nous voilà tous découragés, car nous sommes tous ainsi, on part dans l’intention de faire queque chose de bien, nous supporteront toutes les privations, toutes les peines qui nous permettront d’arrivez à notre but, mais si, en court de route on vous bluff ou mieux si on vous induit en erreur, alors cela ne vas plus, vous êtes dégoutés, vous n’avez plus de courage, vous faites tout plus où moins bien, on vous punis, vous vous en moquez, vous êtes déjà aigris, plus rien à faire de vous, pour moi cela fut comme les autres camarades peut-être davantage étant de la zone occupée et de plus j’étais plus logique que mes camarades, car je me disais qu’il fallit s’en prendre qu’a soit même pour tout ce qui nous arrivaient, on nous laissait bien tranquille chez nous, pourquoi, nous être engagé, ah oui. les affiches, représentant les écoles de l’air, oui parlont en maintenant, une vaste escroquerie, un scandale, de voir des gens qui vous duppe comme cela, ce n’est pas une honte de voir ce gouvernement fantoche représentant par un vieux gaga qui doit certainement exécuttér les ordres des allemands, car je ne comprends pas pourquoi on nous jouait cette sinistre comédie, pour nous enrôler dans l’armée allemande, nous faire faire prisonnier, minute, on prend pas les gens d’une façon aussi grossière. enfin au bout de quelques temps j’ai observé certain bruit entre les sous-officier, pour la raison suivante, il y avait bientôt 4 mois que j’étais à la base où j’étais assez bien vu j’en profittais donc pour me faufilé partout; un jour il y avait vol de nuit justement, sur 14 Léo qui partirent au vol 5 seulement sont revenu, les autres avaient mis le cap sur l’Afrique du Nord, Bergeret qui commandait à l’époque la 1er Région Aérienne, envoya des directives extrèmement rigoureuse, disant notamment que les vol de nuit devaient s’effectués avec juste la quantité d’essence nécessaire, de redoubler de vigilance et tout et tout, il réuni tous s’est officier chef de service et leurs demanda leur avis, tous furent d’accord de partir en Afrique du Nord, surtout que les Allemands commençaient à envahir la zone libre, les préparatifs furent vite fait, un ordre quelques jour de là, nous envoyait passé la visite, et ceux qui était bon, était rassembler, près à partir, commeil y avait des ondésirables à la base le général, nous fit remplir à tous, tant officier que s/officier, et comme homme de troupe, une prestation de serment au maréchal, tout marcher bien jusqu’au jour du départ, là 1ere – 2eme et 3eme Escadrille prire place et via Alger, après plusieurs voyage la 4eme dont je faisait partis ne peut partir, car les Allemands étaient déjà à Marseille et avançaient à pas de géant vers la base, but à atteindre, Bergeret envoie des ordres pour que nous evacuions la base et ordre de faire mutation sur Bron ; 14 Décembre 1942 : Après beaucoup de travail deux jours après nous voilà partis sur Bron, nous commençions tous à en avoir mare de cette vie de vagabon, surtout après la nouvelle blessure reçu quelque jour plus tôt, je ne pouvais pas encore comprendre la raison pour laquelle nous n’étions pas encore partis pour l’Afrique du Nord, tous mes camarades y étaient moi et 5 autres indésirables étions noyés au milieu de camarade quenous connaisions pas, plus je réfléchissais plus ma conviction se trouvait fortifié par un fait sans importance, oui, je me disais, pourquoi on ta fait signer un serment au Maréchal, voilà où je tiquais car à quoi pouvait bien servir ce papier, tout était là alors depuis cette instant je suis devenu méfiant, à juste titre d’ailleurs, car à la 4eme Escadrille il y avait malgré tout quelque chose comme 12 officiers, et j’avais beau regarder au halte dans les voitures, il n’y en avait pas un, je commençait à trouver la situation assez louche je réunis mes 5 camarades et on forme un soviet comme en Russie, nous descidont de faire beaucoup attention à tout ce que nous verrions, et surtout de ne pas se séparer au cas ou il nous arriverait quelque chose. 15 Décembre 1942 : Nous voilà arriver à Bron, une très belle base aussi d’ailleurs, on nous diriger sur notre bâtiment où chacun commence à s’installer sauf moi qui laisse mon paquetage intact, pourquoi, je n’en savais rien moi-même, mais j’étais devenu méfiant. Du 15 au 29 Décembre nous avons vécut tranquillement puisque nous étions nos propres maîtres avec les sous-officiers de chez nous qui faisait partis de la 4e Esle, il y avait un Cdt de Base, qui administrait la caserne, mais à part les corvées et les peluches nous étions lires de faire ce qui nous semblaient bon drôle d’armée, que je me disais parfois et c’est là que tu est venu échoué. toi qui voulait être pilote, ou alors, cela me décourageais à un tel point que parfois je restais allongé sur mon lit sans aller à la soupe. mais ce qui m’avait le plus frapper, c’était le manque d’officier pas un était là depuis notre arrivée, aucun des tous les officiers de la 4e Esle n’étaient là, le Cdt Tilly y compris, cela me laissait des doutes quand à leurs bravoures et surtout leurs dévouements pour la France. J’ai vécu ses 14 jours d’une façon bizarre, tout me dégoutais, rien ne m’interressais, à plus forte raison les corvées que je ne faisais même plus. tout me semblais suspect, jusqu’au civil qui parfois venaient à la Base, je leur trouvait tous une allure spéciale, je les voyaient en imagination tous en allemand, même à la base il y avait une certaine tension, personne ne voulait plus rien faire, les officiers de la Base étaient toujours partis en mission, enfin nous avions tous l’impression que quelque chose allait se produire. Et la chose arriva d’une façon nette, brutale, c’était le matin, le clairon venait de sonner le rassemblement et personne n’était encore levé et pour cause, nous étions les seules à la Base, quand tout à coup, on entend dans les couloirs, les bruits bien caractéristiques des bottes sur les dalles, des bruits de crosse et surtout se langage de brute, cette langue bestiale qui nous écorchait les oreilles, c’était les allemands qui envahissaient la base, les pauvres camarades qui étaient sentinelles furent tués à bout portant par ses vendales qui étaient sans pitié, quel réveil mon dieu, je m’en souviendrais toujours, moi qui couchait presque tout habillé, il ne me fallut pas grand temps pour me lever et prendre mon paquetage qui n’était pas défait, bien m’en a pris car autrement je perdais toutes mes affaires, un événement tragique que je doit relater se déroula dans notre chambre et peut sans fallut que je passe par la même occasion, mon camarade mon voisin de lit plus exactement voyant le boche à la porte de la chambrée pris ses affaires, puisqu’il nous fallait sortir et fit le geste de prendre son fusil pour l’emporter certainement, mais il ne le put, car se sale bandit le tua net d’un coup de fusil, le pauvre garçon ne verra plus sa chère Normandie, la balle passa si près de moi quelle faillit me toucher, cela nous jetta tous dans un état lamentable, parce que nous ne pouvions même pas porter secours à notre camarade, non nous en ûmes pas le temps, car il fallait sortir et vite, sitôt que nous fûmes tous rassemblés dehors, et dans quel état mon dieu, les uns étaient sans veste, les autres sans culotte je me rappelle même avoir vu un sergent en pyjama, ce qui fit rire beaucoup s’est espèce de forbans, heureux était ceux qui avait pris les même précaution que moi, à ce moment un général Allemand descend de voiture, monte sur un grand escalier et nous fait un discours « Hitler ne pouvant compter sur nous pour une collaboration militaire avait déscidé de dissoudre l’armée et la renvoyer chez elle, que seul les officiers seraient prisonniers ». Et voilà ce que nous dit n espèce de chimpanzé, affreux à voir, pour pouvoir faire des prisonniers Officier, il aurait fallu qu’il y en ait, mais j’ai eu beau regarder, pas un n’était à son poste, tous avait déserter, quelle chose affreuse, plus rien ne m’étonnais maintenant, ils étaient certainement au courant de cette nouvelle depuis notre départ d’Istres voilà pourquoi ils n’ont pas eut le courage de se présenter et ses aec de telle élément que la France voulait conquérir son indépendance, quelle plaisanterie tout de même. Enfin pourris nous étions, et nous pauvres atomes, nous n’avions qu’a marcher droit, où alors gare. Et nous sommes tous partis, dans une tenus plus ou moins décente, sans argent, sans tabac, et surtout sans tiquet, voilà où nous avons été conduits par une poignée de traitre. Le pillage que les Allemands ont fait à Bron est inimaginable, d’Istres nous avions amener toute la caisse de l’escadrille, tant tiquet que tabac plus 2 millions 450 milles francs, des armes anciennes, nouvelles, grenade, fusil, mitrailleuse et mitrailleur, nous avions un magasin de pièces de rechange à l’armurerie de toute beauté, tout a été pris, jusqu’au 2 groupes électrogènes, des dynamos deux camions pleins de matériels, la plupart neuf et qui est plus introuvable, un plein camion de tabac 3 camoin de 6 tonnes remplis de vivres, 4 camionettes pleines de matériels d’habillement, est-ce que, si l’état-Major de la 4e Esle avait bien voulu, n’aurait il pas sauvé ce matériels au mieux, au cas ou toute possibilité était enlevée, est-ce que la population de Lyon où de Bron n’aurait pas été contente de toucher ses denrées rares, pourquoi ne pas avoir vendu toutes les pièces de rechange, au lieu de l’avoir laisser volé par les Allemands, des millions de perdu, du matériel de gaspiller et des vivres volatiliser pour nous, voilà où mène le soit disant mépris du danger. Et ce qui est plus grave d’avoir abandonne leurs hommes, sans secours, sans rien percevoir de ce à quoi nous avions droit, dans une ville déjà malheureuse comme Lyon, où trouver de l’argent quand tant d’ouvrier en aurait eu besoin pour eu, ou trouver des tiquets, quand chaque ménage ne pouvait même pas se suffire, voilà où nous en étions nous, qui voulions une France forte, avouez que ce sont de drôles de procédés pour vous encouragez. vous avez des centres d’acceuils vous allez dire, mais si à la même époque, vous étiez passer à Lyon, vous auriez demander une bôlle de quelque chose et on vous aurait servi du soi-disant bouillan de pot-au-feu, qu’un cochon aurait laisser pour 2 francs, une honte, un sandwich, on vous aurait donner deux rondelles de pain de 20 grammes et un morceau de je ne sais quoi pour 6 francset 20 grammes de tiquet voilà comment nous avont vécu pendant 7 jours au moins avant que l’on fasse quelque chose pour nous, des riches, mais il y en avait beaucoup et même qui travaillaient trop pour eux au dépand de l’ouvrier, beaucoup de bagout, mais quand il s’agit de secourir un semblable, ne conter pas sur moi eux, vous vous rendez compte, je pais le plus d’impôt, s’est moi qui fait vivre l’ouvrier, on me réquisitionne mon usine, je ne peut plus travailler, je pais des taxes partout je donne spontanément de l’argent aux oeuvres, alors pas toujours aux même les corvées. et voilà ce que l’on avait entendu à la même époque à Lyon, où mieux, ce que vous auriez put lire sur le visage deses gens là. Comme sympathie, n’y content pas, j’ai certainement fait tout Lyon à marcher en rond, sans but, avec la faim, mais trop fière pour demandez quoique ce soit, s’est en me promenant, que je fut abordé par un simple ouvrier, beaucoup plus respectable que s’est gens là, qui lui, ne chercha pas des circonlocutions, de suite il m’entraina chez lui où sa femme, aussi gentille que lui d’ailleurs me donna à manger, tout en me prevenant que c’était à la fortune du pôt, quoi de plus humain, qu’est-ce-qu’il faut adminrer le plus, est-ce le geste pour lui-même où la façon de vous l’offrir, je ne sais pas mais ce qu’il y a de sûr, c’est que, si des riches m’avaient emmenés, il est certain, qu’il ne m’aurais pas offert de m’éberger aussi gentiment, du moins avec autant de désinterressement.

carnet 3

29 Décembre 1942 : Et nous avons vécu comme cela une quinzaine de jours, chez les uns où chez les autres, pendant ce temps, l’organe liquidateur était en formation, ci bien que le 28 au soir, nous avions tous nos papiers de démobilisation, plus quelques tickets et argent, nous avont pris le train, étant grouper par département, nous partions tous pour la même destination qui était la Nièvre, toujours au départ nous avions reçu quelque consigne, qui était principalement, de ne pas emporter de paquetage militaire, pas darme surtout, mais moi, je ne me suis pas séparer de mon paquetage je pensais bien, que, les Allemands ne m’aurait rien, que pour toute punition on m’aurait confisquer mon paquetage, enfin, je risquais le tout pour le tout, à la zone de démarcation, les boches ont fait stopper le train, et fait descendre tous les soldats, et la fouille commença, n’ont pas un par un mais au hasard, aussi il ont passé à côté de moi sans rien me demander, après la fouille qui dura bien 1 heure 1/2 nous étions au moins 5000 milles, nous sommes tous remonter et le train est repartis dans la direction de Chagny, Nevers où moi je descendais.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer)

18e – Les cahiers de doléances de 1789

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août 312013
 
Cahiers de doléances

Cahiers de doléances

Je m’apprêtais à rédiger un article sur les cahiers de doléances de 1789, mais il se trouve sur la toile de très nombreuses pages très bien faites à ce sujet. Je vous renvoie donc à l’une d’entre elles qui répondra, je pense à toutes vos questions en la matière.

Vous pouvez également voir ce qu’en dit Wikipédia.

Voici une liste de cahiers de doléances trouvés au hasard de mes recherches, classés par départements :

15 – Cantal :

Vebret

29 – Finistère :

Guengat, Roscanvel

33 – Gironde :

Fontet, Lados

34 – Hérault :

Nîmes

35 – Ille-et-Vilaine :

Chateaubourg, Cherrueix, Dol (clergé du diocèse), Lournais, Roz-sur-Couesnon, Sains, Trans, Vezin-le-Coquet

36 – Indre :

Ardentes (Saint-Martin)

42 – Loire :

La Haute-Montagne-de-Rochebaron, Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte

43 – Haute-Loire :

Basset, Chanteloube

44 – Loire-Atlantique :

Haute-Goulaine

45 – Loiret :

Sigloy

49 – Maine-et-Loire :

Liré, Saint-Laurent-des-Autels

50 – Manche :

Le Rozel

54 – Meurthe-et-Moselle :

Arnaville, Belleau, Champigneulles, Custines, Frouard, Gondreville, Maron, Pompey, Sexey-les-Bois, Velaine-en-Haye, Villecey-sur-Mad

56 – Morbihan :

Beignon

57 – Moselle :

Charleville-sous-Bois, Courcelles-Chaussy, Ennery, Failly, Lorry-Mardigny, Marieulles, Mey, Noisseville, Poixe, Retonfey, Varize, Vezon, Villers-Bettnach

70 – Haute-Saône :

Roye

76 – Seine-Maritime :

Bailleul, Bailly-en-Campagne, Bailly-en-Rivière, Clais, Martin-Eglise, La Neuville-Chant-d’Oisel, Saint-Rémy-en-Campagne, Val-du Roy

78 – Yvelines :

Saint-Arnoult

80 – Somme :

L’Etoile, Woignarue

94 – Val-de-Marne :

Arcueil, Cachan

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19e – La relégation – Le premier convoi de récidivistes

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août 312013
 

Article de l’Illustration n° 2282 du 20 novembre 1886

illustration relegation 1

Portail de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré

Nous savons que la loi sur la relégation des récidivistes aux colonies a été votée le 27 mai 1865. Elle vient d’être appliquée pour la première fois.

Ce retard dans l’application de la loi tient à deux causes. L’une est l’indulgence des tribunaux; sachant qu’une peine de plus de trois mois entraînerait la relégation pour certains récidivistes, les juges, quand le délit à punir n’est pas très grave, reculent devant cette aggravation de peine et condamnent à trois mois seulement. L’autre est l’obligation imposée par la loi de ne reléguer que des individus ayant fait leur temps de prison. Ceci vous explique qu’il ait fallu dix-huit mois pour réunir le premier convoi qui vient d’être embarqué.

Il se compose de 438 individus qu’on a amenés des diverses prisons de France au dépôt de Saint-Martin-de-Ré. L’ancienne citadelle de cette île a été convertie en prison, en 1871, pour loger les hommes de la Commune, et l’aumônier, qui y est depuis seize ans, est plein de souvenirs sur le séjour qu’y fit Henri Rochefort et d’autres condamnés des conseils de guerre. Elle est devenue, depuis, le dépôt où les forçats attendent leur embarquement pour Nouméa. La vue d’un des bastions que je vous envoie donnera une idée de ces fortifications à la Vauban. J’ai fait aussi un dessin de la porte au moment où les récidivistes sortent pour aller s’embarquer. Avec son pont-levis et ses herses rébarbatives, elle a bien la mine qui convient à la porte d’un pareil établissement.

Embarquement des récidivistes

Embarquement des récidivistes

illustration relegation 5_1

Chemin de ronde de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré

Les forçats ont été délogés de deux des casernes et les récidivistes y ont été installés. Ils y ont passé six semaines à attendre le paquebot qui les emporte, soumis à un régime un peu moins rigoureux que celui des prisons ordinaires. Mes trois dessins du dortoir, du réfectoire et du promenoir formeront un tableau très exact, je crois, de l’existence qu’ils y menaient.

Les dortoirs. – Les dortoirs étaient installés sur le type des dortoirs des forçats; des prévôts, choisis parmi les récidivistes, les surveillaient, et des gardiens faisaient des rondes incessantes pour maintenir l’ordre. Comme lit, un matelas, des draps et des couvertures. Pas plus que les forçats, les récidivistes n’avaient à leur disposition ni feu, ni lumière. Ils se couchaient aussitôt la nuit venue, et ne se levaient que lorsqu’il faisait jour.

Les dortoirs

Les dortoirs

La salle de réfectoire. – Cette salle sert en même temps de chapelle, on y dit la messe le dimanche. Les récidivistes faisaient deux repas par jour. Ils recevaient tous les matins un pain de 750 grammes, moins noir que celui de beaucoup de nos paysans et mieux fait. On leur donnait un quart de vin après le déjeuner, ce que n’ont point les soldats, et de la viande quatre fois par semaine. Ceux qui avaient de l’argent pouvaient acheter des plats supplémentaires jusqu’à concurrence de quarante centimes, maximum de dépenses qu’on ne peut pas dépasser. On leur permettait le tabac à chiquer et le tabac à priser. En somme pour la nourriture, comme pour le coucher, le sort des récidivistes au dépôt n’avait rien de particulièrement pénible.

Le réfectoire des condamnés à Saint-Martin-de-Ré

Le réfectoire des condamnés à Saint-Martin-de-Ré

C’est là, au réfectoire, tous les visages étant tournés vers moi, que j’ai pu examiner le mieux le triste ramassis de misérables dont la société allait se débarrasser. L’administration pénitentiaire, pour épargner une honte inutile aux familles, avait mis comme condition à ma visite que je ne prendrais aucun portrait et que je ne donnerais aucun nom. Mon dessin, pris sur nature, n’en reproduit pas moins, malgré cette restriction, le spectacle étrange et impressionnant où toutes les laideurs morales et physiques étaient confondues : des figures flêtries par le vice et anémiées par les fréquents déjours dans les prisons; des têtes de dogues aux grosses mâchoires et des têtes de fouines rusées et pointues. Le plus chevronné de tous, un homme de quarante-trois ans, en était à sa quarante-sixième condamnation. D’autres en avaient quarante-deux, trente-six, vingt-quatre. La moyenne était de douze à quinze. En somme, des incorrigibles, chez qui tout ressort moral était irrémédiablement brisé. Loin d’affecter du cynisme, la plupart avaient plutôt l’air humble, oblique et louche, hypocrite et mielleux, comme s’ils se faisaient moins d’illusion que personne sur leur propre abjection.

La cour-promenade. – Dans la cour, où ils se groupaient par deux et par trois, il n’y avait plus cette impression d’ensemble, mais on apercevait mieux les allures individuelles, presque tous portant encore leurs effets particuliers. On reconnaissait là le vagabond, effroi de nos paysans, qui erre dans les campagnes, mendiant ici, demandant là avec menaces et volant quand l’occasion s’en présente; type pittoresque, chargé de haillons et qui a quelque chose de la démarche des bêtes sauvages, dont il a embrassé la vie; le rôdeur de barrières avec l’ignoble casquette à pont et la cravate de couleur voyante; l’employé infidèle, coutumier de détournements, qui essaie de garder les manières d’un monsieur dans l’immonde milieu où il est tombé; le camelot des villes, bonneteur et escroc, à la physionomie canaille et rouée.

La cour-promenade

La cour-promenade

Les vagabonds dominaient, dans la proportion de 60 p. 100. Ensuite les motifs de condamnation les plus fréquents étaient le vol, l’escroquerie, la rupture de ban et l’attentat aux moeurs.

Les récidivistes étaient soumis au travail. On leur faisait effilocher de vieilles cordes pour en faire des étoupes à calfater les navires. Je vous envoie le croquis d’un atelier.

Atelier

Atelier

Ils ont toujours témoingné très peu d’entrain pour cette besogne. Tandis que les forçats, leurs voisins, arrivent à produire une moyenne de deux francs par jour, eux n’ont jamais dépassé vingt-sept centimes.

Les moyens de châtiment employés contre eux étaient les mêmes que pour les forçats. Il n’y en a qu’un, du reste, c’est la cellule. Je vous en ai dessiné une. 

Une cellule

Une cellule

Figurez-vous une pièce toute blanche, des murs blancs, le plafond blanc, absolument nue, ayant pour tout mobilier une planche inclinée qui sert de lit et, au pied de ce lit, une chaîne, la manille, qu’on passe au pied du condamné. Il tombe de toute cette blancheur un ennui qui fait froid aux os. Jadis les moyens de répression étaient bien plus cruels; on conserve, au magasin des fers

Magasin des fers

Magasin des fers

des chaînes singulièrement lourdes et ce qu’on appelait le lit de justice

Lit de justice

Lit de justice

, où les forçats dormaient accouplés deux à deux et l’anneau de leur chaîne passé dans une tringle. Ce ne sont plus là que des souvenirs, le lit ne sert plus et les chaînes sont devenues des ornements d’un genre assez lugubre qui festonnent le mur.

L’embarquement. – Avant de s’embarquer, les récidivistes ont dû revêtir un uniforme créé pour eux, une vareuse et un pantalon gris, et un chapeau mou, ront et gris aussi. Ils ont reçu, en outre, chacun une musette de soldat pour y enfermer les objets laissés en leur possession.

Ils ont défilé, surveillés et conduits par des soldats. Une petite anse, ménagée dans le rempart devant la porte de la citadelle, est remplie d’eau à marée haute. C’est là qu’ils se sont embarqués. Des chalands venaient les chercher et les transportait sur l’aviso le Travailleur. Je vous ai fait un dessin de la scène qui ne laissait pas d’être impressionnante. Le Travailleur les a transportés à son tour dans la rade de l’île d’Aix où ils ont été définitivement embarqués à bord du paquebot la Ville-de-Saint-Nazaire affrêté par l’Etat pour les emmener à l’ile des pins, près de la Nouvelle-Calédonie.

Il me paraît intéressant d’ajouter qu’à leur arrivée au dépôt, tous les récidivistes étaient extrêmement irrités. Ils avaient purgé leur condamnation à la prison. Ils se considéraient comme en règle avec la justice et demandaient leur mise en liberté. Quelques uns ont menacé plaisamment le directeur, M. Solari d’écrire à leur député s’il ne les relâchait pas sans délai. M. Solari se contenta de faire afficher la loi de 1885 au réfectoire, où tous purent la lire, et l’agitation se calma.

L’idée de quitter la patrie, de faire un long voyage sur mer et d’aller dans des pays inconnus les épouvantait. Il n’en est guère qui se soient embarqués de bon coeur. Les délits qu’ils avaient l’habitude de commettre les avaient exposés, jusqu’à présent, à quelques jours ou quelques mois de prison seulement; ils risquaient cette peine pour vivre dans la société comme des loups dans un bois, sans cesse traqués mais aimant quand même leur existence d’aventures. Cette relégation qui les arrache au théâtre naturel de leurs exploits, les déconcerte complètement. A voir l’impression produite sur les individus de ce premier convoi, on peut considérer que l’effet de la nouvelle loi sera considérable parmi les chenapans.

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août 312013
 

Dép. : S.M. ; arr. : Rouen ; cant. : Boos

Gén. él. : Rouen ; pop : 336 f.

Seigneur : Caillot de Coquereaumont ; patron : évêque d’Evreux en tant qu’abbé de Lyre.

Procès verbal

Ass. : 24 mars, « en la manière accoutumée », devant Cl. Dupont, syndic.

Comp. : Lo. Bétille, Et. Deveillant, Ph. Hardy, Fr. Guiffard, Fr. Garain, Kac. Bétille, Lo. Grenet, Jac. Bultel, P. Monnier, Cl. Bétille, J. Léthoré, Den. Monnoye, P. Pinchon, Jac. Hardy, Blaise Vierray, Rom. Busvestre, Mic. Lesur, P. N. Leprêtre, Eléonor Lesur, N. Langlois, P.Legrand, Lo. Ledoux, Ch. Leroux, Benoît Gestz, P. Martin, Lo. Pellerin, Gilb. Mignot, Mic. Bultel, J. Hacou, N. Goubert, P. Sanson, Guil. Delamare, N. Bon, Mic. Manseville

Dép. : Et. Deveillant

Cahier

[Observent :]

  1. Que partie des biens fonds n’étant pas bornés occasionne des difficultés et procès ; pourquoi demandent qu’il plaise à S. M. de nous donner un règlement qui ordonne les abornements de tous les héritages de chacun afin d’éviter aux contestations et procès qui souvent ruinent plusieurs citoyens.# Remontre aussi que s’il n’y avoit qu’une seule mesure pour les grains, pour les boissons, qu’un seul poids, qu’un seul aunage ; que, cette mesure étant générale, facilteroit plusieurs citoyens qui, ne connaissant pas la différence qui résulte de ces mesures, les empêche d’en scavoir le pris d’un pays en un autre, et qu’étant la même partout, les mettroit à portée de connoître le prix de ces denrées et marchandises, et le benefice qu’ils pourraient faire pour le transport d’un bout du royaume à l’autre.
  2. Demande aussi les boissons libres et exemptes de tous droits, le sel et tabac aussi marchandises libres, ce qui pourroit produire un bénéfice à l’Etat par la suppression des receveurs et autres personnes occupées à ces emplois, lesquels sont payés par les finances de S. M.
  3. Que partie des habitants de la paroisse, au nombre de 400 environ, se plaignent de ce que les travaux leur manque ; que occupés à la filature du cotton qui est l’unique ressource de gagner leur vie dans le pays, quen au moyen de la charté des denrées et de la diminution de leurs travaux qu’occasionne le mauvais commerce, qu’ils ne peuvent plus subvenir à à gagner leur subsistance et celle de leurs enfans ; et par ce moyen, se trouvent réduits à la dernière misère. Que, chargés d’impositions : taille, capitation, accessoires, corvée, dont ils sont obligés de payer à S. M., il ne sçavait plus quel moyen et par quelle manière y satisfaire, supplient S. M. d’y avoir égard, ainsi qu’à la misère dont ils se trouvent réduits.
  4. Remontre aussi que, lors de la dernière déclaration des vingtièmes qu’elle n’a été faite avec aucune exactitude ; que cette répartition n’est point égale, vu les abus qui sy sont commis, faute de la connaissance des fonds des propriétaires, dont ceux qui étoient chargés de cette opération n’avoient pas. Le bénéficecure de la ditte paroisse, ainsi que les maisons de plusieurs personnes nobles, les terres labourables qu’ils font valoir, les bois et autres ne payant pas tailles et suittes, demande que ces biens payent ay Roy tels que ceux du Tiers état.
  5. Représente aussi que MM. les abbés de Lyre et de Saint Ouen jouissent des grosses dixmes de la paroisse ; laissent encore à la charge de la parroisse de 200 l. annuellement pour la commission du sr. vicaire et qu’au moins ces messieurs qui possèdent un bénéfice assez considérable devroient estre chargés de payer cette somme poiur la commission du sr. vicaire, vu l nombre d(habitans de la paroisse qui, avec peine aujourd’hui, ne peuvent plus payer.
  6. Demande aussi que les défrichements des communes afin de mettre en agriculture ceux qui y seront propres et les autres estre plantés en bois. Que toutes les communes retournent au profit de S. M. ou pour les hôpitaux des pauvres de chaque endroit, ainsi que les places communes.
  7. Demandons aussi à S. M. qu’il lui plaise d’établir un seul impôt, et que cet impôt soit fixé sur tous les biens fonds du Royaume, tant sur ceux du clergé que de la noblesse et du Tiers état ; et qu’ils soient imposés avec une juste répartition où chaqun payeroit égallement ; que celà pourroit encore éviter au frais des receveurs qui doivent coûter à l’état.
  8. Demande aussi que tous les petits procès aissant dans la paroisse, lesquels, après avoir été dans les juridictions, deviennent à estre renvoyés par devant des laboureurs de la parroisse qui sont nommés arbitres. Mais pour arriver à ce but, il coûte beaucoup de frais au lieu que, si ces petites difficultés dans leur commencement étoient sous les yeux du sr. curé et des membres de l’assemblée municipale qui pourroit en discuter, celà éviteroit beaucoup de frais et sur la décision qu’en auroit rendue l’assemblée municipale, les parties n’étant pas d’accord et se poursuivoiroient dans telle justice royale qu’il plairoit à S. M.
  9. Demanderoient aussi que le Roy leur accorde la supression de banalité de moulin, auquel ils se trouvent assujettis envers les seigneurs pour le moulage (sic) de leurs grains.
  10. Représente aussi qu’étant riverains de la forêt et que, n’ayant aucun patûrage, il leur étoit autrefois accordé le patûrage de leur bestiaux dans la forest dans les ventes au-dessus de 10 ans, mais qu’en étant privés aujourdhuy, ils suplient S. M. de bien vouloir leur accorder, d’autant que celà ne fait aucun tart à l aforest, et que celà sera d’une grande utilité pur ceux qui ont des enfans, lesquels pourront avoir une vache afin d’avoir du lait pour élever leurs enfans.
  11. Que plusieurs laboureurs et particuliers ayant des terres voisines de la forest, se plaignent de ce que le gibier tel que le lapin, cerf, sanglier et autres, font un tort considérable à leurs récoltes ; que vu les plaintes portées aux gardes de la Conservation, il n’en écoutent rien et ne se conforment en rien du tout aux règlements qui nous ont été accordés à ce sujet par S. M.
  12. Que les pigeons, pendant les semences et les récoltes, ne cessent de sortir, font un tort considérable aux récoltes ; pourquoy nous prions S. M. de donner un règlement à cet égard.
  13. Demondons que l’on arrette le cours des mendians étrangers et que, à l’égard des pauvres de la paroisse réduits à la mandicité et qui attendent le secours annuel de tout le monde, ne pouvant dans notre parroisse y estre assistés vu qu’il n’y a que 16 s. d’aumône qu’il puisse estre étably au bureau d’hospitalité dans la parroisse pour pourvoir à leur besoin et substance.

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La Neuville-Chant-d’Oisel (76) : Histoire

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août 312013
 

Histoire

« La Neuville-Chant-d’Oisel est une commune située à l’extrémité du département de la Seine-Maritime, en bordure de celui de l’Eure, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Rouen.

[…]

Ce village a été édifié à la suite des défrichements successifs de l’immense forêt de Longboël. […] Une voie Romaine partant de Darnétal, passait par Saint-Pierre-de-Franqueville, Boos, La Neuville, traversait la forêt de Longboël et atteignait Pont-Saint-Pierre. Une autre partait de Rouen (Rothomagus) et rejoignait Radepont (Ritumagus), passant par Montmain et La Neuville. […] Il est possible que les romains aient créé une « station », peu importante du reste, sur le terrain de La Neuville, qui prit au cours des âges, peu à peu, l’allure d’un village […]. Des pièces, médailles, vases et autres objets d’origine romaine furent découverts à plusieurs reprises, attestant, sinon une installation, tout au moins le passage fréquent des armées de César.

[…]

Après la conquête des Francs, les bords de l’Andelle et ses environs appartinrent à la Neustrie. Les rois Mérovingiens y possédèrent les forêts de Lyons, Longboël et Arlaune (Brotonne) et eurent des maisons de repos et de plaisance à Etrépagny, Le Vaudreuil et Vatteville.

Puis les Carolingiens s’installèrent dans la région. En 862 ils élevèrent un château-fort à Pîtres, et fortifièrent les alentours. Charles, roi de France, y rendit un édit royal cette même année, et avisa au moyen d’arrêter les pirates normands. Ceux-ci, après plusieurs incursions dans la vallée de la Seine, se lancèrent dans une attaque d’envergure, qui devait leur assurer la possession du territoire pour toujours. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 912, entre Rollon, chef des Normands et Charles le Simple, roi de France, fixa les limites de la Normandie. Ici commence une ère nouvelle pour le pays, et ses nouveaux possesseurs se partagent les terres des Francs que ceux-ci avaient prises aux Gallo-Romains.

[…]

Il n’apparaît pas être encore question de La Neuville à ce moment là. Du reste, le patronage de la vierge sous laquelle la paroisse est placée, ne laisse pas supposer une installation antérieure aux Xe ou XIe siècles. […] Il y a lieu de penser que l’édification de la localité est dûe aux Normands, aux environ de 950, après la prise de la région. Ceux-ci, installés solidement, firent de leur mieux pour réparer les désastres commis, lors de la conquête de la Neustrie, et leurs chefs, ainsi que les Ducs de Normandie qui succédèrent à Rollon, dotèrent leurs compagnons de vastes domaines. C’est alors que les nouveaux maîtres de la contrée rivalisèrent d’entrain pour construire, assainir, défricher les forêts, etc..

Le XIe siècle fut le temps de la foi la plus ardente du peuple. On venait d’échapper aux terreurs causées par l’approche de l’an 1000, que l’on considérait comme devant marquer la fin du monde. La date fatidique passée, le peuple témoigna sa joie et sa reconnaissance de vivre, par un redoublement de ferveur et de croyance, et l’édification des cathédrales, églises et monastères. Les Seigneurs, animés du même zèle pieux y contribuèrent largement, dotant les communautés et le clergé de possessions importantes et de larges revenus.

C’est ainsi que Guillaume Fitz-Obern, et Adeline son épouse, fondèrent, en 1045, l’Abbaye Notre-Dame de Lyre, sur les bords de la Risle, dans une situation délicieuse, lui accordant dans la charte de fondation, le patronage de l’Eglise de « Chandoysel ». L’érection du pays en paroisse paraît dater de cette époque. Ce fait prouve que la localité, certes bien moins importante que par la suite, existait déjà en 1045, autour de son église, et confirme l’ancienneté du Chant d’Oisel sur le reste du pays.

[…]

L’éthymologie du nom du village est des plus aisée à définir. […] Le « Chant d’Oisel » doit son appellation au gazouillis des nombreux chanteurs emplumés qui peuplent la campagne, car en vieux français, oiseau se prononçait oisel. Quant à La Neuville, c’est par ses nom et origine, la « ville neuve », le pays nouveau construit au fur et à mesure des défrichements de la forêt de Longboël. […] Cette partie du village s’appela d’abord La Neufville, puis l’unissant au Chant d’Oisel, on en fit La Neufville du Chandoysel (Nova Villa Cantus Avis) nom employé dans les plus anciens documents, puis on écrivit la-Neuville-Chant-d’Oisel jusqu’à la Révolution, où pour un motif ignoré mais absurde, on a commencé à orthographier La Neuville-Champ-d’Oisel, enlevant ainsi le charme du nom de la localité, et en dénaturant l’origine. »

Histoire de La Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Il est à noter que la commune a repris depuis son nom initial de La Neuville-Chant-d’Oisel.

Bibliographie

  • Histoire de la Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Cet ouvrage a été réédité en 1989, et peut être trouvé à la Mairie de la Neuville Chant d’oisel.

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Charles Moisan (1912-2002)

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août 312013
 
cmoisan

Charles Moisan

Mon grand-père, Charles Moisan est né à Vannes (56) le 29 août 1912. Orphelin de père à 9 ans et sa mère n’ayant pas beaucoup d’argent, deux options s’offrent à lui pour pouvoir poursuivre ses études : le petit séminaire ou les enfants de troupe. C’est la deuxième solution qui est choisie et il part donc de Vannes pour les écoles militaires. Il ira à Tulle (19) et aux Andelys (27). En 1930, le jour de ses 18 ans, il s’engage dans l’armée comme le prévoit le règlement des enfants de troupe.

Chronologie de sa vie

1912
29 août
Naissance à Vannes (56).
1921
6 mai
Décès de son père Paul Moisan à Vannes (56).
21 novembre
Adopté par la Nation.
1930
29 août
S’engage dans l’armée pour 5 ans à l’Intendance Militaire de Vannes, à compter du 29 août 1930 au titre du 306e R.A.
1931
29 mars
Promu Brigadier, par ordre n°4 du 2 avril 1931 du Général Commandant l’E.A.A et affecté en surnombre au P.E.M. de l’E.A.A.
29 avril
Promu Brigadier-Chef, ordre 51 du 25 avril 1931 du Général Commandant l’E.A.A.
25 août
Permis de conduire n° 9.316 – Touriste, Camion, Side-car.
28 septembre
Promu Maréchal des Logis, ordre 95 du 24 août 1931 du Général Commandant l’E.A.A.
1er octobre
Affecté au 302e R.A. par D.M.27.749 B 3/3 du 1er septembre 1939 et R.d.C du P.E.M. de l’E.A.A.
1932
janvier
Lettre de Félicitations du Général commandant la 3ème Région Militaire, pour avoir fait preuve d’énergie en faisant arrêter un civil qui l’insultait.
1933
9 avril
Affecté au 25e R.A.D.A.
1934
3 septembre
Mariage avec Marie Laurent à Vouziers (08).
1935
20 juillet
Se rengage pour un an, à compter du 29 août 1935 Intendance Militaire de Chalons-sur-Marne au titre du 25e R.A.D.A.
1936
21 janvier
Naissance de sa première fille Marie-Josée à Vouziers (08).
5 juin
Admis dans le corps des Sous-Officiers de Carrière – D.M. 300 P/Ch du Général Commandant la 6e Région.
1938
15 novembre
Nommé Maréchal des Logis-Chef le 1er novembre 1938, Ordre Rgt n°119.
1939
25 août
Affecté au 25e R.A.D.A. – B.H.R.
1940
11 avril
Affecté au C.O.A.A. de Dijon, le 11 avril 1940. Classé 670e B.A.C. le 6 mai 1940.
16 juin
Fait prisonnié le 16 juin 1940 à Beaune (Côte d’Or).
1945
27 avril
Blessé à la cuisse droite par éclat de bombe à Berlin (comme prisonnier de guerre).
19 juillet
Rapatrié d’Allemagne.
24 octobre
Rejoint le C.O.A. 202.
15 novembre
Affecté au 17e R.A. (Réorganisation), D.M. n° 15912 EMA/1 du 8 novembre 1945.
1946
22 mai
Divorce de Marie Laurent.
24 septembre
Mariage avec Christiane Picard à Déville-lès-Rouen (76).
19 novembre
Naissance de sa deuxième fille Annie à Déville-lès-Rouen (76).
1948
18 septembre
Naissance de sa troisième fille Jocelyne à Déville-lès-Rouen (76).
1949
19 septembre
Admis à faire valoir ses droits à la retraite militaire. Se retire à Déville-lès-Rouen (76), 52 route de Dieppe. Obtiendra un poste à la Sécurité-Sociale.
1957
25 décembre
Décès de sa mère Louise Toumelin à Rennes (35).
1968
5 avril
Mariage de sa fille Annie avec Guy Pessiot à Lancieux (22).
15 octobre
Naissance de sa première petite-fille Laëtitia Pessiot à Rouen (76).
1972
Prends sa retraite et repart vivre en Bretagne à Lancieux (22).
1973
13 mai
Décès de sa soeur Paulette à Rennes (35).
13 octobre
Mariage de sa fille Jocelyne avec Gérard Vendrely au Chesnay (78).
1974
1er mai
Naissance de son petit-fils Yann Vendrely.
26 octobre
Décès de sa femme Christiane Picard à Lancieux (22).
1976
10 mai
Naissance de sa deuxième petite-fille Gaëlle Vendrely.
1978
10 avril
Décès de sa soeur Mariette à Paris (75).
22 juillet
Mariage avec Suzanne Chauvin à Lancieux (22).
1997
13 mars
Décès de sa femme Suzanne Chauvin à Lancieux (22).
2002
12 juillet
Décès à Bois-Guillaume (76).

Ce que dit son livret militaire

  • Engagé volontaire pour cinq ans le 29 août 1930 à l’Intendance Militaire de Vannes, à compter du 29 août 1930 au titre du 306e R.A.
  • Promu Brigadier à compter du 29 mars 1931, par ordre n°4 du 2 avril 1931 du Général Commandant l’E.A.A et affecté en surnombre au P.E.M. de l’E.A.A
  • Promu Brigadier-Chef le 29 avril 1931, ordre 51 du 25 avril 1931 du Général Commandant l’E.A.A.
  • Promu Maréchal des Logis, ordre 95 du 24 août 1931 du Général Commandant l’E.A.A., à compter du 28 septembre 1931.
  • Affecté au 302e R.A. par D.M.27.749 B 3/3 du 1er septembre 1939 et R.d.C du P.E.M. de l’E.A.A. le 1er octobre 1931.
  • Affecté au 25e R.A.D.A. le 9 avril 1933.
  • Rengagé pour un an le 20 juillet 1935, à compter du 29 août 1935 Intendance Militaire de Chalons-sur-Marne au titre du 25e R.A.D.A.
  • Admis dans le corps des Sous-Officiers de Carrière – D.M. 300 P/Ch du Général Commandant la 6e Région, datée du 5 juin 1936.
  • Nommé Maréchal des Logis-Chef le 1er novembre 1938, Ordre Rgt n°119, en date du 15 novembre 1938.
  • Affecté au 25e R.A.D.A. – B.H.R. le 25 août 1939.
  • Affecté au C.O.A.A. de Dijon, le 11 avril 1940. Classé 670e B.A.C. le 6 mai 1940.
  • Fait prisonnier le 16 juin 1940 à Beaune (Côte d’Or).
  • Rapatrié le 19 juillet 1945.
  • Rejoint le C.O.A. 202 le 24 octobre 1945.
  • Rengagé pour un an le 7 novembre 1945, à compter du 19 mars 1945 au titre du C.O.A. 202.
  • Affecté au 17e R.A. (Réorganisation) le 15 novembre 1945, D.M. n° 15912 EMA/1 du 8 novembre 1945.
  • Nommé adjudant à dater du 1er janvier 1946, Ordre n° 38 du 29 décembre 1945.
  • Nommé adjudant avec effet rétroactif à compter du 1er avril 1942 (C.F. Instruction N° 792 /R/F du 10 juillet 1944 et Note n° 835 LR/P du 2 août 1944) Nomination du 1er janvier 1946 annulée.
  • Affecté au 10e R.A. en Surnombre. Détaché à la F.P. départementale de la Seine-Inférieure à Rouen, par Note N° 3546 3 R/I du 23 février 1946. Rejoint le 8 mars 1946.
  • Rengagé pour 6 mois devant l’Intendance Militaire à Rouen, à dater du 19 mars 1946, le 26 mars 1946, au titre du 35e R.A.D.A.
  • Affecté au 25e R.A.D.A. à Thionville en Surnombre et maintenu à la F.P. départementale de la Seine-Inférieure à Rouen par D.M. n° 16.460 AR/CEC – MAT du 29 avril 1946, transmis par Note n° 5643/CH du 7 mai 1946 de la 2ème Région Militaire.
  • Nommé Adjudant-Chef, à compter du 1er juillet 1944 (C.F. feuille de renseignements n° 12.310 EMA/1 du 25 août 1945 B.O.P.S.P. page 1048) par Note n° 26525/AR/SO du 3 juin 1946 du Ministère des Armées – Direction Artillerie.
  • A contracté un rengagement de deux ans au titre du 25e R.A., à compter du 19 septembre 1946, le 10 juillet 1946 devant l’Intendant Militaire de 3ème Classe de T.C. de Rouen.
  • Affecté au Groupement Instruction n° 22 du S.P. 2e Région à Rouen par avis de mutation du 19 juin 1946 de la 2ème R. Mre E.M. Chancellerie, Note n° 12.869.CH, à compter du 15 juillet 1946.
  • A compter du 1er octobre 1947, le Bataillon Prémilitaire n° 22 prend nom de B.I. du S.M.P. 522 Rouen.
  • A contracté un rengagement de six mois, le 14 septembre 1948, à compter du 19 septembre 1948 au titre du B.I. du S.M.P. 522 Rouen.

Admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 19 septembre 1949. R.d.C ledit jour. Se retire à Déville-lès-Rouen, 52 route de Dieppe.

Grades successifs :

* 2ème C.S.T. le 29 août 1930
* Brigadier le 29 mars 1931
* Brigadier-Chef le 29 avril 1931
* Maréchal-des-Logis le 29 septembre 1931
* Maréchal-des-Logis-Chef le 1er novembre 1938
* Adjudant le 1er avril 1942
* Adjudant-Chef le 1er juillet 1944.

Lettre de Félicitations du Général commandant la 3ème Région Militaire. Janvier 1932, pour avoir fait preuve d’énergie en faisant arrêter un civil qui l’insultait.

Médaille Militaire (J.O. du 5 février 1948 – n° 32, page 1235) Décret du 27 janvier 1948.

Blessure : Blessé à la cuisse droite le 27 avril 1945 par éclat de bombe à Berlin (comme prisonnier de guerre).

Campagnes :

* Contre l’Allemagne, du 2 septembre 1939 au 15 juin 1940.
* Captivité du 16 juin 1940 au 19 juillet 1945 Instruction militaire
* Titulaire du B.P.M.E.
* Stage de spécialisation automobile à l’E.A.A. de Fontainebleau, du 1er octobre 1930 au 30 septembre 1931. Permis de conduire n° 9.316 – Touriste, Camion, Side-car, le 25 août 1931. Brevet Chef de Section Pratique et Théorique, janvier 1940.
* Stage de Matériel « Z »
* Stage de Sous-chef mécanicien artillerie.

Guerre de 39-45

Militaire de carrière, Charles Moisan a passé quasiment toute la guerre en captivité en Allemagne. Il a été fait prisonnier le 16 juin 1940 aux environs de Beaune.

Ascendance de Charles MOISAN

Son ascendance dans ma base sur Geneanet

L’ascendance de Charles MOISAN est quasiment totalement bretonne, mais quelques uns des ses ancêtres sont venus a priori à l’époque de la révolution duVal-d’Oise (plus anciennement de l’Oise) pour s’installer à Belle-Île-en-Mer.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer).

André Pessiot (1922-1999)

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août 312013
 
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André Pessiot

Mon grand-père André Pierre Pessiot est né le 9 décembre 1922 à la Guerche-sur-l’Aubois (18). Il est le fils de Jean Pessiot (1897-1965) ouvrier mécanicien aux chemins de fer Paris-Lyon-Méditérannée et d’Alice Prévost (1903-1966). Sa mère est fille d’un couple de mariniers Antoine Prévost et Eugénie Barbiot. C’est ainsi qu’André recevra le baptême des mariniers : il sera plongé dans l’eau suspendu à une corde du pont de la péniche de ses grands-parents.  Lorsqu’il a environ 3 ans, sa mère quitte son père et lui laisse son fils. André ne la reverra jamais.

Jean Pessiot étant peu disponible en raison de son travail, il confie André à ses parents Pierre Pessiot et Victoire Fleurier. André habite donc à Fonfrin, hameau de la Guerche, jusqu’à son certificat d’étude, qu’il obtient après s’être présenté à l’examen en candidat libre, son instituteur ayant refusé de l’y inscrire.  À 14 ans il quitte la Guerche pour rejoindre son père à Nevers (58). Ce dernier lui trouve une place dans un garage pour y apprendre la mécanique. André n’est pas du tout intéressé et ne reste que quelques semaines dans cet emploi. Son père lui obtient alors un emploi aux chemins de fer comme ouvrier aux ateliers de Vauzelles où il travaillera jusqu’en 1940. C’est à cette époque qu’il apprendra à jouer au billard, loisir qu’il pratiquera toute sa vie. C’est le fils du patron de l’hôtel où il logeait à Nevers qui lui apprend le jeu.  En 1941, à 18 ans, il s’engage dans l’armée de l’air. Le temps de faire ses classes, les allemands envahissent la zone libre, et il est démobilisé. En 1943, il est convoqué pour le STO. Son père le prévient alors de la venue des gendarmes et lui indique comment rejoindre le « maquis » où il passera le reste de la guerre.

Juste après la guerre, il est réintégré dans l’armée de l’air comme aspirant, mais son contrat n’est pas renouvelé  et il monte alors à Paris où il a quelques cousins. Il travaille un temps à Paris-Soir, puis décide de passer un CAP de soudeur.

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Mariage André et Micheline – 1948

Au cours d’une visite à d’autres cousins à Rouen (les Viel), il fait connaissance avec la fille des boulangers voisins, Micheline Aubé, qui deviendra ma grand-mère. Il trouve un emploi de soudeur sur le chantier du Pont Corneille, et le couple se marie le 12 avril 1948 à Rouen. Leur fils Guy (mon père) naît un an plus tard le 7 mai 1949, et leur fille Patricia le 11 octobre 1954.

André est ensuite agent d’assurances à la Winterthur, puis termine sa carrière en tant que sous-directeur de ‘Normandie Propreté’.  Il n’a jamais revu son père après la guerre. Pour son mariage, il l’avait invité, mais celui-ci n’est pas venu. André n’est donc pas allé à son enterrement. Quant à sa mère, il n’en a jamais eu de nouvelles.  Voir le texte écrit à l’occasion des 50 ans de mariage de mes grand-parents sur le blog de mon père.

Son ascendance dans ma base sur Geneanet

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer).

août 312013
 

moisanMon arrière-grand-père, Paul Moisan est né à Vannes (56) le 2 mai 1876. Il s’est marié le 9 mars 1901 à Paris (75) avec mon arrière-grand-mère Jeanne Marie Louise (dite Louise) Toumelin. Tous deux étaient, semble-t-il, montés à Paris pour y travailler. S’y sont-ils rencontrés ou y sont-ils partis ensemble ? Je n’en sais rien. Paul était peintre en bâtiments et Louise domestique.

Leur première fille Paulette naît à Paris 7 mois après leur mariage. Ils retournent ensuite à Vannes. En 1904, Marcelle, leur deuxième fille naît au Palais (56) sans doute dans de la famille de la mère de Louise originaire de Belle-Île. Leur trois enfants suivants Marguerite (décédée enfant), Mariette (dite Marinette) et Charles (mon grand-père) naissent ensuite à Vannes, respectivement en 1907, 1908 et 1912.

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23 rue Saint-Guénaël à Vannes

Le couple élèvera ses enfants à Vannes dans deux pièces mansardées du 23 rue Saint-Guenaël.

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Saint-Anne-d’Auray

En tant que peintre en bâtiments, Paul Moisan a participé à la peinture de la statue de Sainte-Anne en haut du clocher de la Basilique à Sainte-Anne-d’Auray. Il paraît qu’il passait sa journée en haut du clocher et qu’on lui faisait parvenir son repas dans un panier qu’il remontait jusqu’en haut attaché à une corde.

Paul Moisan a bien entendu participé à la première guerre mondiale. Il en est revenu affaibli par les gaz et meurt chez lui en 1921, laissant derrière lui une femme et 4 enfants de 20, 17, 13 et 9 ans.

Ascendance de Paul Moisan

Son ascendance dans ma base sur Geneanet

L’ascendance de Paul Moisan est à 100 % bretonne.

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