Nicolas Claude Grelley, capitaine de navire

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mar 062014
 

Nicolas Claude Grelley est né le 16 mars 1757 paroisse Saint-Samson d’Aunay dans le Calvados (aujourd’hui Aunay-sur-Odon).

Pendant longtemps je me suis interrogée sur cet ancêtre (sosa 342) pour lequel était indiquée la profession de capitaine de navire sur les actes de l’état-civil où il apparaissait à Canteleu, ville de la banlieue rouennaise où il habitait. Faute de temps je n’avais pas été plus loin et n’avais pas cherché d’autres renseignements à ce sujet, si ce n’est, en début d’année 2013, quand, à l’occasion de la mise en ligne des registres de l’inscription maritime sur le site des archives départementales de Seine-Maritime, j’avais quand même eu l’occasion de le chercher dans les registres matricules des gens de mer et de noter les références des vues où il apparaissait, dans l’espoir d’avoir un jour le temps de me pencher sur le sujet.

Nicolas Claude Grelley - extrait registre matricule - AD 76

Nicolas Claude Grelley – extrait registre matricule – AD 76

Ce n’est que la semaine dernière, que j’ai enfin pris le temps d’approfondir un peu… Je suis retournée consulter les registres matricules et ai donc pu ébaucher une reconstitution de la carrière de Nicolas Claude entre 1781 et 1792. Malheureusement je n’ai encore aucune information pour les années avant 1781 car, étant originaire du Calvados, il était alors enregistré à Caen dont l’inscription maritime n’est pas en ligne… pour les années après 1792, il y a malheureusement un trou entre 1792 et 1807 pour les registres m’intéressant et je ne retrouve ensuite Nicolas Claude dans l’inscription maritime que dans les registres démarrant 1826 où il est juste constaté qu’il décède en 1827.

Dans les premières informations que je découvre sur Nicolas Claude, celui-ci est matelot sur le Zodiaque sur lequel il navigue pendant tout le deuxième semestre de 1781. Dès le 1er janvier 1782, il sert ensuite sur le Robuste en tant qu’aide pilote puis de second pilote, et ce, au moins jusqu’à mi avril 1783. Je ne sais rien de plus sur ces bateaux et ces voyages, je ne sais même pas où Nicolas Claude a embarqué et encore moins où sont allés ces navires. Je retrouve ensuite Nicolas Claude sur le Saint-Antoine Charles Simon dont il débarque en juillet 1783. Ici je ne suis pas sûre du nom du bateau, n’est-ce pas plutôt le Saint-Antoine appartenant ou étant commandé par Charles Simon… en octobre il navigue sur la Bonne Union pour un voyage vers Lisbonne dont il est de retour à Rouen le 31 décembre 1783. En mars 1784, il est sur la Louise pour un voyage à Cadix et Marseille. Et enfin de fin mars à mi octobre 1785 il navigue une nouvelle fois sur la Bonne Union.

Il fait ensuite quelques voyages sur l’Aimable Victoire de la fin 1785 à fin 1787 comme second capitaine. L’Aimable Victoire était un sloop de 90 tonneaux construit à Rouen en 1766.

Entre deux voyages sur ce bateau, il se marie à Canteleu avec Julie Adélaïde Victoire Langlois le 10 octobre 1786. Celle-ci est la fille de Nicolas Langlois, charpentier de marine à Canteleu.

En 1788, il part à Redon pour ramener à Rouen le brick l’Euphrosine qui vient d’être construit dans cette ville. Son armateur est Noël Edouard Perier. Ce dernier est le mari de la marraine de sa femme Julie Adélaïde Victoire. Cette marraine s’appelait Catherine Euphrosine Potier et était une cousins germaine de la mère de Julie Adélaïde Victoire.

La première fille du couple naît le 13 septembre 1788 à Canteleu. Deux semaines après Nicolas Claude quitte Rouen à bord de l’Euphrosine pour un voyage vers Bordeaux. Il en est le capitaine. Il ira ainsi au moins jusqu’à Alicante et reviendra à Rouen en avril 1789. Il repart ensuite en juin 1789 pour un voyage dont il ne reviendra qu’en septembre 1791. Au cours de ce voyage il sillonnera de long en large et de haut en bas les mers européennes, naviguant dans les eaux espagnoles, italiennes, suédoise, allemandes. Les marchandises transportées étaient très diverses puisque j’ai pu noter qu’il s’agissait de sel, d’huile, d’eau de vie ou de hareng de Göteborg.

Je ne pense pas qu’il est repassé à Rouen pendant ce voyage. Il n’aura donc probablement jamais connu sa deuxième fille Céleste Esther qui naît le 16 février 1790 et meurt le 10 juillet 1791 à Canteleu.

Rôle de désarmement de l'Euphrosine en 1792 - 6P6_20 - vue 747

Rôle de désarmement de l’Euphrosine en 1792 – AD 76 – 6P6_20 – vue 747

En janvier 1792, il part du Havre, toujours capitaine de l’Euphrosine, pour un voyage transatlantique. Il se dirige vers Fort-Royal en Martinique (maintenant Fort-de-France) qu’il atteint en mars 1792, puis vers les Cayes Saint-Louis à Saint-Domingue (aujourd’hui les Cayes en Haïti) où il reste d’avril à juillet 1792. Il revient ensuite en France en faisant une escale à la Rochelle en septembre et est de retour au Havre en octobre 1792.

On peut remarquer que le second de Nicolas Claude au cours de ces deux derniers voyages est Robert Edouard Champion qui n’est autre que son beau-frère, époux de Anne Elizabeth Langlois soeur de de Julie Adélaïde Victoire.

En 1792, je perds sa trace, tout au moins dans l’inscription maritime. Tout ce que je sais, c’est que Nicolas Claude Grelley passe sous le régime des enseignes non-entretenus. Ce régime vient d’être créé pour reconstituer le corps de la marine française. En effet, selon le « Décret sur l’organisation de la Marine, & sur le mode d’admission & d’avancement » du 28 avril 1791, Artice Ier, voici la section concernant les officiers de marine :

Officiers de la Marine.

XXII. Les grades d’Officiers de la Marine seront ceux d’Enseignes de vaisseaux, Lieutenans de vaisseaux & Capitaines de vaisseaux, & les grades d’Officiers-généraux. On ne pourra être fait Officier avant l’âge de 18 ans accomplis.

XXIII. Le grade d’Enseigne sera le dernier grade d’Officier de la Marine.

XXIV. Le grade d’Enseigne entretenu sera donné au concours; celui d’Enseigne non entretenu sera donné à tous les navigateurs, qui, après six années de navigation, dont une au moins sur les vaisseaux de l’Etat, ou en qualité d’Officier sur un bâtiment uniquement armé en course, auront satisfait à un examen public sur la théorie & la pratique de l’art maritime.

XXV. Tous les enseignes seront habiles à commander des bâtimens de commerce, pourvu qu’ils ayent 24 ans; & ils pourront seuls commander au long cours & au grand cabotage.

XXVI. Tout navigateur non reçu Enseigne ni Aspirant, mais qui aura 18 mois de navigation en qualité de second sur des bâtimens de commerce, de 20 hommes au moins d’équipage, appelé à servir dans l’Armée navale, sera employé en qualité d’Aspirant de la première classe.

XXVII. Les Enseignes non entretenus n’auront d’appointemens, & n’exerceront l’autorité de ce grades, que lorsqu’ils seront en activité de service militaire. Ils ne pourront en porter l’uniforme que lorsqu’ils auront été appelés à servir en cette qualité sur les vaisseaux de l’Etat. Les bâtimens de commerce commandés par des Officiers militaires, ne pourront arborer les marques distinctives réservées exclusivement aux vaisseaux de l’Etat, sauf la flamme de police & de commandement entre bâtimens marchands, usitée dans les Ports des Colonies & dans quelques Ports étrangers.

XXVIII. Le dixième des places d’Enseignes entretenus, sera donné aux maîtres entretenus, moitié à l’ancienneté d’entretien, moitié au choix du Roi, sans égard à l’âge.

XXIX. Les autres places vacantes d’Enseignes entretenus seront données au concours par un examen sur toutes les branches de mathématiques applicables à la marine, & sur toutes les parties de l’art maritime.

XXX. Seront admis à cet examen tous ceux ayant rempli les conditions prescrites pour le concours, & n’ayant pas passé l’âge de 30 ans; cet examen aura lieu dans chaque Département de la Marine, pour remplir les places d’Enseignes-entretenus qui se trouveroient vacantes dans ce Département.

XXXI. Les Enseignes entretenus cesseront de l’être, & seront remplacés, soit qu’ils quittent le service public, soit qu’ils préfèrent de servir sur les bâtimens du commerce.

XXXII. Tous les Enseignes entretenus ou non entretenus, de service sur le même vaisseau ou dans le même Port, jouiront des mêmes prérogatives, & exerceront la même autorité; ils prendront rang entre eux suivant le temps de navigation faite en cette qualité sur les vaisseaux de l’Etat.

Malheureusement, les registres concernant les enseignes non entretenus ne sont pas présents sur le site des AD 76 pour le quartier de Rouen. Je n’ai donc pas pu aller plus loin.

Nicolas Claude aura encore 3 autres enfants, toujours à Canteleu : Nicolas Henry né le 31 décembre 1793, Amand Félix né le 20 floréal an 8 (10 mai 1800) et Pierre Edouard le 19 messidor an 12 (8 juillet 1804). On peut noter que Nicolas Claude ne déclare aucun de ces trois enfants. Il est probablement en mer. C’est d’ailleurs bien le cas pour le troisième où il est explicitement noté dans l’acte qu’il est absent pour cause de service maritime.

Il meurt le 14 décembre 1827 à l’hospice général de Rouen où il est entré comme pensionnaire. Il jouissait alors d’une pension à demi-solde sur le trésor des Invalides de la Marine.

Il me reste encore beaucoup à apprendre sur cet ancêtre voyageur, et je suis très curieuse d’en savoir davantage surtout quand on pense que les années qui me restent à combler sont celles de la fin de la Révolution, du Directoire et du premier Empire… on peut imaginer que Nicolas Claude a eu l’occasion d’avoir encore de nombreuses aventures et probablement en servant dans la marine impériale…

Pour résumer, voici une petite chronologie de la vie de Nicolas Claude Grelley :

Sources :

Question : comment comprendre le rôle de désarmement d’un navire ?

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fév 272014
 

Un billet pour un simple question :

Sur le rôle de désarmement du navire l’Euphrosine en 1789 à Rouen, je lis qu’il vient d’Alicante, puis, plus loin, qu’il a été armé pour faire le voyage de Bordeaux. Voir ci-dessous (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

Rôle de désarmenent Euphrosine en 1789 à Rouen (source : AD 76 - 7P6_11 - vue 201)

Rôle de désarmement de l’Euphrosine en 1789 à Rouen (source : AD 76 – 7P6_11 – vue 201)

Que faut-il comprendre ?

Il est parti pour Bordeaux, mais est passé par Alicante pour revenir ?

Quelles autres archives pourrais-je consulter pour avoir plus d’information sur le voyage de ce bateau ?

Merci pour vos lumières 😉

Hécatombe en mer

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fév 112012
 

Bien qu’un bon quart de ma généalogie soit bretonne, je n’ai aucun marin dans mes ascendants. Pourtant cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de marins dans la « famille ». En essayant de recenser les enfants du couple Olivier Brien et Josephine Adrienne Olivier (mes sosas 50 et 51), je viens de  constater que plusieurs de ceux-ci étaient marins.

Le couple marié le 30 janvier 1830 au Palais a eu successivement les enfants suivants :

  • Aline Eugénie Zoé née le 16 novembre 1833
  • Gustave Emile Olivier né le 16 février 1836
  • Louise Fanélie née le 15 novembre 1836
  • Louis Marie Xavier né le 9 mai 1838
  • Jean François Théophile né le 8 février 1841
  • Jules Amédée né le 18 avril 1842 (décédé le 7 juillet suivant)
  • Eugène Amédée né le 26 septembre 1843
  • François Marie Adrien né le 13 septembre 1845
  • et la petite dernière Marie Eugénie Mathilde Brien née le 22 février 1849 mon arrière-arrière-grand-mère.

Je ne sais pas ce que sont devenues les 2 filles Aline Eugénie Zoé et Louise Fanélie, mais mis à part Jules Amédée aucun des garçons n’est mort en bas-âge.

Mais… hormis Louis Marie Xavier, ils sont tous morts jeunes et sans postérité. Il faut dire que Louis Marie Xavier est le seul qui n’était pas marin. Eh oui, tous les autres, soit quatre garçons, sont décédés dans l’exercice de leur métier de marin entre les années 1857 et 1865 !

Le premier décès est celui de Jean François Théophile qui le soir du 2 août 1857, alors qu’il est novice sur le trois mâts Marie Eliza du Havre, tombe à l’eau et se noie. Le bateau était alors amarré dans le dock de Sainte-Catherine à Londres. Il est inhumé dans le cimetière de Victoria Park. On peut remarquer que le capitaine du navire est alors Jean Marie Le Sidaner. Y-a-t-il un lien avec le peintre Henri Le Sidaner dont le père était capitaine au long court ?

Quatre ans plus tard, c’est le plus jeune des garçons qui meurt à Cardiff le 23 août 1861. Il y était arrivé à bord du brick goëlette Marie-Amélie de Libourne sur lequel il était mousse.

L’année suivante, le 8 mai 1862, c’est l’aîné qui décède à bord du brick la Diosma de Nantes armé au Havre le 15 décembre 1861, alors qu’il est ancré au large de Freetown en Sierra-Leone. Il semble qu’il soit mort de maladie puisque le capitaine précise dans l’acte de décès qu’une partie de l’équipage est malade.

Corvette Le Laplace – 1850

Trois ans plus tard, la série noire continue puisque le dernier fils marin, Eugène Amédée, meurt le 11 juin 1865 à l’hôpital militaire de Saint-Denis de la Réunion. Il était alors matelot de 3e classe de la corvette à hélice le Laplace.

Ces années ont sans doute été très éprouvantes pour Olivier et Joséphine qui sont décédés respectivement en 1863 et 1864 et n’auront donc pas connu la mort d’Eugène Amédée.

Le seul garçon de la famille qui survivra sera Louis Xavier Marie qui était maçon et se mariera le 15 juillet 1862 et aura plusieurs enfants dont un marin…

Sources :