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Étiquette : normandie

Sosa 362 – Nicolas Robert Lacaille (1744-1782)

J’ai décidé, pour vérifier, étoffer et donner vie à mon arbre de rédiger un billet sur certains de mes ancêtres. Comme tout le monde j’ai mes chouchous, mais pour ne pas faire de jaloux, j’ai décidé de les sélectionner de façon aléatoire, sinon je ne ferais de billet que sur ceux dont je sais déjà qu’ils ont un petit truc en plus. J’ai donc décidé de les tirer au sort parmi mes sosas dans les générations 5 à 9. Une fois sélectionné, même si je ne connais pas grand-chose sur l’heureux élu, je me fixe pour règle de ne pas tergiverser et de faire un billet sur lui quels qu’en soient l’intérêt et les informations que je possède à son sujet.

Voici maintenant le tour de Nicolas Robert Lacaille, mon sosa 362.
Sans ce tirage au sort, je n’aurais sans doute pas écrit sur cet ancêtre…

Lien entre Nicolas Robert Lacaille et Laëtitia Pessiot

Nicolas Robert Lacaille est un cauchois pure souche.
Troisième enfant de Robert Lacaille et Marie Catherine Talbot, il naît le 6 septembre 1744 à Ourville-en-Caux. Ses parents se sont mariés 7 ans auparavant à Beuzeville-la-Guérard le 30 septembre 1737 et ont déjà 2 enfants, Marie Anne 5 ans, née le 8 novembre 1739 et Guillaume, presque 3 ans, né le 12 janvier 1742 également à Ourville. Robert, son père, est alors berger et domestique (agricole je suppose).

Il sera journalier, tantôt ouvrier charpentier ou batteur en grange à la fin de l’été.

Eau forte battage en grange
Le batteur en grange

A partir de septembre, les batteurs en grange vendaient leurs bras de ferme en ferme pour battre le blé ou autres céréales récoltées dans l’année afin de séparer le grain et l’ivraie. Ils travaillaient sur une aire de terre battue, surface plane aménagée dans un coin de la grange. C’était un métier pénible, très physique, pénible pour les muscles, mais également pour les poumons. Il existe d’ailleurs la maladie des batteurs en grange (ou maladie du poumon des fermiers) due à l’inhalation des poussières générées par le battage. Nicolas est mort jeune (37 ans), serait-ce à cause de problèmes pulmonaires générés par sa profession ?
Nous ne le saurons sans doute jamais.

Pour retracer la chronologie de sa vie, voici une petite « story map » pour l’illustrer (ce sera toujours moins rébarbatif qu’un texte listant l’un après l’autre les différentes étapes de sa vie, car j’ai malheureusement peu de matière aujourd’hui pour aller plus loin.

Sources:

Sosa 42 – Elie Nicolas Lorillon (1843-1905)

J’ai décidé, pour vérifier, étoffer et donner vie à mon arbre de rédiger un billet sur certains de mes ancêtres. Comme tout le monde j’ai mes chouchous, mais pour ne pas faire de jaloux, j’ai décidé de les sélectionner de façon aléatoire, sinon je ne ferais de billet que sur ceux dont je sais déjà qu’ils ont un petit truc en plus. J’ai donc décidé de les tirer au sort parmi mes sosas dans les générations 5 à 9. Une fois sélectionné, même si je ne connais pas grand-chose sur l’heureux élu, je me fixe pour règle de ne pas tergiverser et de faire un billet sur lui quels qu’en soient l’intérêt et les informations que je possède à son sujet.

Après Jean Brien, c’est le numéro 42 qui a été tiré au sort. Il s’agit d’Elie Lorillon (ou plus exactement Elie Nicolas) le grand-père de mon arrière-grand-père Raymond Elie Aubé. On comprend tout de suite de qui Raymond tient son deuxième prénom.

Elie est le deuxième et dernier enfant de Nicolas Edouard Lorillon (sosa 84) et Pauline Delacroix (sosa 85).  
Il est né le 20 novembre 1843 à Canteleu, 2 ans après sa soeur Pauline Anastasie née le 27 août 1841. A sa naissance son père est journalier après avoir été employé des douanes quelques années plus tôt. Ses parents habitaient alors à Croisset, un des trois hameaux de Canteleu à l’époque. Canteleu, à l’ouest de Rouen s’étend des rives de la Seine et du Cailly au plateau de Roumare. C’est sur ce plateau que se trouve le centre actuel de la ville, mais il ne s’est urbanisé que dans les années 60. Auparavant et notamment au XIXe siècle d’Elie, la ville était principalement constituée de ses trois hameaux Dieppedalle, Croisset et Bapeaume (du sud au nord).

Carte d'Etat-Major (IGN - Géoportail)
Carte d’Etat-Major (IGN – Géoportail)

La famille Lorillon est installée depuis peu à Canteleu. En effet la papa, Nicolas Edouard, n’est pas né à Canteleu mais à Treforest dans le Pays de Bray. Ses parents étaient François Lorillon et Marguerite Payen. Même si j’ai sû très vite le nom de ces derniers, je les ai cherché pendant des années en ne trouvant rien sur eux, ni décès, ni mariage, ni naissance. Et ce n’est qu’il y quelques semaines que j’ai enfin éclairci une partie du mystère… que je ne dévoilerai pas ici car j’écrirai sans doute bientôt un billet à ce sujet.
Mais du côté de sa maman, Elie est malgré un cantilien pure souche puisqu’il peut se targuer d’une ascendance cantilienne sur au moins 3 générations.

Extrait de l’Annuaire statistique du département de la Seine-Inférieure, pour l’année 1823 (Google Books)

Revenons donc à Elie. En 1869, il a 26 ans et habite à Dieppedalle avec ses parents. Ils sont fabricants de craie. Comme sur une grande partie de la vallée de la Seine, Dieppedalle est surplombé de falaises de craie. Comme elle est de très bonne qualité à cet endroit on y fabrique des craies pour les tableaux noirs, ainsi que du blanc d’Espagne.

A mi-côte on peut voir une veine de craie qui été exploitée

Le 11 octobre 1869, Elie épouse Rose Françoise Eugénie Lemarchand (sosa 43) à Grand-Quevilly où cette dernière habite alors avec ses parents. Sont présents :

  • Nicolas Edouard Lorillon et Pauline Delacroix parents du marié,
  • Adrien Eugène Lemarchand (sosa 86) et Françoise Victorine Martin (sosa 87) parents de la mariée,
  • Pierre Edouard Grelley qui est dit oncle du marié et qui est en réalité son grand-oncle puisqu’il est le frère de sa grand-mère maternelle Victoire Pauline Grelley (sosa 171), tous deux enfants de Nicolas Claude Grelley mon ancêtre capitaine de navire (sosa 342) arrière-grand-père d’Elie,
  • Louis Bazire cousin par alliance du marié sa femme étant Eugénie Désirée Delacroix cousine germaine d’Elie,
  • Achille Hardy beau-frère de la mariée, époux de sa soeur Marie Modeste Françoise,
  • et Alphonse Jacques Lecat oncle de la mariée.

Le couple demeurera à Dieppedalle où naîtront tous leurs enfants.
Ils ont d’abord deux filles Eugénie Elise et Eugénie Pauline nées respectivement en 1870 et 1871 et dont je ne sais rien ensuite. Elles sont peut-être décédées en bas âge mais je n’ai pas trouvé leur décès.
Vient ensuite Louis Elie en 1872 qui sera menuiser. En 1902 il fondera, avec 45 autres ouvriers, la coopérative « L »Aube » dont il sera président et gérant. Il décédera en 1950 à Canteleu.

Entrefilet dans le Populaire du 05/03/1924 (Gallica)

Le 2 novembre1874 a dû être une journée chargée pour Elie. En effet le matin vers 10 heures il va déclarer à la mairie de Grand-Quevilly le décès de son beau-père Adrien Lemarchand décédé la veille, puis à 11 heures 30 il déclare à la mairie de Canteleu la naissance de son fils Edouard Achille venu au monde dans la nuit.
Ce dernier sera charpentier et partira pour Paris où il se mariera en juillet 1905. Il reviendra de la guerre de 1914-18, mais très affaibli par les gaz. Ne pouvant plus travailler et désespéré, il se suicidera en 1924.
 
Mon arrière-grand-mère Louisa Henriette (sosa 21) est née quant à elle le 30 janvier 1876 et décédera en 1940. Elle se mariera à Canteleu le 17 mai 1897 avec Aimable Daniel Léon Aubé (sosa 20) boulanger avec qui elle aura deux enfants.
 
Un dernier fils naît ensuite le 8 janvier 1878 Albert Paul. Il sera peintre et mourra en 1960. 
 
Jusqu’à environ 1875, il semble qu’il a été fabricant de craie comme son père avec qui il travaillait probablement. Il devient ensuite blanchisseur, métier qu’il exercera ensuite jusqu’à la retraite.
 
Le 13 décembre 1883, sa mère décède chez elle à Dieppedalle. Quelques années plus tard, le 3 octobre 1890, son père meurt également chez lui.
 
Le 17 mai 1897 il assiste au mariage de sa fille Louisa Henriette avec Aimable Daniel Léon Aubé (sosa 20) né à Varvannes, mais à cette époque garçon boulanger à Canteleu. Juste après leur mariage ils s’installent à Rouen dans la boulangerie du 64 rue des Charrettes. Ils auront deux enfants Daniel né en 1898 et Raymond en 1899.
 
Le 19 février 1899, sa soeur Pauline meurt célibataire à l’Hôtel-Dieu de Rouen.
 
Le 8 juillet 1901 son fils Albert Paul se marie à Canteleu avec Victorine Gabrielle Thorel.
 
Le 8 juillet 1905 il assiste à Paris au mariage de son fils Edouard Achille avec Marie Louise Landry.
 
Le 28 décembre 1905 il meurt à Canteleu dont il était alors conseiller municipal.
 

Sources :

  • Etat-civil :Lorillon, Elie Nicolas – acte de naissance – 21-11-1843 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1843 – 3E 00482 – vue 92)
  • Lorillon, Elie Nicolas – Lemarchand, Rose Françoise Eugénie – acte de mariage – 11-10-1869 – Grand-Quevilly (AD 76 – Grand-Quevilly (Le) – NMD 11/06/1869-1869 – 3E 00999 – vue 25)
  • Lorillon, Pauline Anastasie – acte de naissance – 28-08-1841 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1841 – 3E 00482 – vue 68)
  • Lorillon, Pauline Anastasie – acte de deces – 20-02-1899 – Hôtel-Dieu – Rouen (AD 76 – Rouen (Hôtel-Dieu) – D 1899-15/07/1899 – 4E 13933 – vue 29)
  • Lorillon, Eugénie Elise – acte de naissance – 12-07-1870 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1870 – 3E 00482 – vue 91)
  • Lorillon, Eugénie Pauline – acte de naissance – 13-12-1871 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1871 – 3E 00482 – vue 120)
  • Lorillon, Louis Elie – acte de naissance – 13-11-1872 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1872 – 3E 00482 – vue 103)
  • Lorillon, Louis Elie – Ducoudray, Victorine Marie Désirée – acte de mariage – 26-04-1897 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1897-08/06/1897 – 4E 13600 – vues 92-94)
  • Lorillon, Edouard Achille – acte de naissance – 02-11-1874 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1874 – 3E 00482 – vues 81-82)
  • Lorillon, Edouard Achille – Landry, Marie Louise – acte de mariage – 08-07-1905 – 14e – Paris (AM 75 – Paris – M 4 juillet 1905-11 juillet 1905 – 14M 174 – vue 7)
  • Lorillon, Edouard Achille – acte de deces – 04-03-1924 – Paris 20e (AM 75 – Paris – D 25 février 1924-17 mars 1924 – 20D 299 – vue 14)
  • Lorillon, Louisa Henriette – acte de naissance – 31-01-1876 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1876 – 3E 00482  – vue 8)
  • Aubé, Aimable Daniel Léon – Lorillon, Louisa Henriette – acte de mariage – 17-05-1897 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1897-08/06/1897 – 4E 13600 – vues 109-111)
  • Lorillon, Albert Paul – acte de naissance – 08-01-1878 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1878 – 3E 00482 – vue 3)
  • Lorillon, Nicolas Edouard – acte de deces – 06-10-1890 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 12/07/1890-1890 – 4E 11372 – vue 79)
  • Delacroix, Pauline – acte de deces – 13-12-1883 – Canteleu (AD 76 – Canteleu – NMD 1883 – 3E 00482 – vues 146-147)
  • Journaux :Lorillon, Elie Nicolas – avis deces – 29-12-1905 – Journal de Rouen (AD 76 – Journal de Rouen – JPL 3_229 – 29-12-1905 – vue 4)
  • Lorillon, Edouard Achille – article Paris-Soir – 05-03-1924 (Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76384595/f3.item)
  • Lorillon, Edouard Achille – article Le Populaire – 05-03-1924 (Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k818710k/f1.item)
  • Livres :Lejard, Alice W. – Canteleu aux multiples facettes – 2000 – ISBN : 2-9516176-0-7
  • Rouger, Hubert (1875-1958) – Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière ; 3, 9-12. La France socialiste. Tome 3,Partie 2 – 1912-1921. (Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6260892b/f601.image)
  • Autre :Fiche de Paul Profichet sur le Maitron (https://maitron.fr/spip.php?article127465)

Quelques cousins

Comme dit l’adage bien connu des généalogistes : nous sommes tous cousins… ce n’est peut-être pas faux vu le nombre de cousinages que l’on identifie au fur et à mesure de nos recherches généalogiques. Voici quelques-uns de ceux que j’ai identifié avec des cousins inconnus, comme moi, mais que j’avais envie de noter ici, ou avec des cousins plus connus, les fameux « cousins célèbres ».

Les « inconnus »

Voici quelques cousinages classés ici par degré de parenté des plus proches aux plus lointains.

(si vous ne voyez pas le tableau dans toute sa largeur, cliquez sur le titre du billet)

Cousin(e) Premiers ancêtres communs Lien
Noms Lieux Dates Sosas
Cousin/Moi
Jean-Paul Hellot Site Nicolas Hellot
x Anne Monnoye
La Neuville Chant d’Oisel (76) Normandie
1692-1759
1688-1770
128/1530
129/1531
lien
Franck Piedfer-Quêney Geneanet Nicolas Duchesne
x Marguerite Le Coeur
Nicolas Hellot
x Marie Bultel
La Neuville Chant d’Oisel (76) Normandie
1676-1738
1668-1722/
1666-1712
1668-1728
594/1500
595/1501
592/3060
593/3061
lien
Bruno Rivet Blog
Twitter
Louis Baudic
x Henriette Le Guillo
Camors (56) Bretagne
ca 1600-1677
ca 1609-1675
5922/6712
5923/6713
lien

Si nous sommes cousins n’hésitez pas à me le signaler, je vous ajouterai sur cette page.

Les « célèbres »

(si vous ne voyez pas le tableau dans toute sa largeur, cliquez sur le titre du billet)

Cousin(e) Premiers ancêtres communs Lien
Noms Lieux Dates Sosas
Sportif  David Douillet David Douillet Wikipédia Jean Michel Mallet
x Marie Catherine Mottet
Saint-Vaast-du-Val (76) Normandie
1760-1835
1767-1809
328
329
lien
Guillaume Aubé
x Marie Lemonnier
Saint-Maclou-de-Folleville (76) Normandie
1725-1801
1727-/1820
358
359
Sportif André Raimbourg (Bourvil) André Raimbourg
(Bourvil)
Wikipédia Adrian Raimbourg
x Anne Delanos
Carville-Pot-de-Fer (76) Normandie
1681-1760
?-1748
700
701
lien
Comédien Lucien Raimbourg Lucien Raimbourg Wikipédia Adrian Raimbourg
x Anne Delanos
Carville-Pot-de-Fer (76) Normandie
1681-1760
?-1748
700
701
lien

La Neuville-Chant-d’Oisel (76) : Cahier de doléances du Tiers état

Dép. : S.M. ; arr. : Rouen ; cant. : Boos

Gén. él. : Rouen ; pop : 336 f.

Seigneur : Caillot de Coquereaumont ; patron : évêque d’Evreux en tant qu’abbé de Lyre.

Procès verbal

Ass. : 24 mars, « en la manière accoutumée », devant Cl. Dupont, syndic.

Comp. : Lo. Bétille, Et. Deveillant, Ph. Hardy, Fr. Guiffard, Fr. Garain, Kac. Bétille, Lo. Grenet, Jac. Bultel, P. Monnier, Cl. Bétille, J. Léthoré, Den. Monnoye, P. Pinchon, Jac. Hardy, Blaise Vierray, Rom. Busvestre, Mic. Lesur, P. N. Leprêtre, Eléonor Lesur, N. Langlois, P.Legrand, Lo. Ledoux, Ch. Leroux, Benoît Gestz, P. Martin, Lo. Pellerin, Gilb. Mignot, Mic. Bultel, J. Hacou, N. Goubert, P. Sanson, Guil. Delamare, N. Bon, Mic. Manseville

Dép. : Et. Deveillant

Cahier

[Observent :]

  1. Que partie des biens fonds n’étant pas bornés occasionne des difficultés et procès ; pourquoi demandent qu’il plaise à S. M. de nous donner un règlement qui ordonne les abornements de tous les héritages de chacun afin d’éviter aux contestations et procès qui souvent ruinent plusieurs citoyens.# Remontre aussi que s’il n’y avoit qu’une seule mesure pour les grains, pour les boissons, qu’un seul poids, qu’un seul aunage ; que, cette mesure étant générale, facilteroit plusieurs citoyens qui, ne connaissant pas la différence qui résulte de ces mesures, les empêche d’en scavoir le pris d’un pays en un autre, et qu’étant la même partout, les mettroit à portée de connoître le prix de ces denrées et marchandises, et le benefice qu’ils pourraient faire pour le transport d’un bout du royaume à l’autre.
  2. Demande aussi les boissons libres et exemptes de tous droits, le sel et tabac aussi marchandises libres, ce qui pourroit produire un bénéfice à l’Etat par la suppression des receveurs et autres personnes occupées à ces emplois, lesquels sont payés par les finances de S. M.
  3. Que partie des habitants de la paroisse, au nombre de 400 environ, se plaignent de ce que les travaux leur manque ; que occupés à la filature du cotton qui est l’unique ressource de gagner leur vie dans le pays, quen au moyen de la charté des denrées et de la diminution de leurs travaux qu’occasionne le mauvais commerce, qu’ils ne peuvent plus subvenir à à gagner leur subsistance et celle de leurs enfans ; et par ce moyen, se trouvent réduits à la dernière misère. Que, chargés d’impositions : taille, capitation, accessoires, corvée, dont ils sont obligés de payer à S. M., il ne sçavait plus quel moyen et par quelle manière y satisfaire, supplient S. M. d’y avoir égard, ainsi qu’à la misère dont ils se trouvent réduits.
  4. Remontre aussi que, lors de la dernière déclaration des vingtièmes qu’elle n’a été faite avec aucune exactitude ; que cette répartition n’est point égale, vu les abus qui sy sont commis, faute de la connaissance des fonds des propriétaires, dont ceux qui étoient chargés de cette opération n’avoient pas. Le bénéficecure de la ditte paroisse, ainsi que les maisons de plusieurs personnes nobles, les terres labourables qu’ils font valoir, les bois et autres ne payant pas tailles et suittes, demande que ces biens payent ay Roy tels que ceux du Tiers état.
  5. Représente aussi que MM. les abbés de Lyre et de Saint Ouen jouissent des grosses dixmes de la paroisse ; laissent encore à la charge de la parroisse de 200 l. annuellement pour la commission du sr. vicaire et qu’au moins ces messieurs qui possèdent un bénéfice assez considérable devroient estre chargés de payer cette somme poiur la commission du sr. vicaire, vu l nombre d(habitans de la paroisse qui, avec peine aujourd’hui, ne peuvent plus payer.
  6. Demande aussi que les défrichements des communes afin de mettre en agriculture ceux qui y seront propres et les autres estre plantés en bois. Que toutes les communes retournent au profit de S. M. ou pour les hôpitaux des pauvres de chaque endroit, ainsi que les places communes.
  7. Demandons aussi à S. M. qu’il lui plaise d’établir un seul impôt, et que cet impôt soit fixé sur tous les biens fonds du Royaume, tant sur ceux du clergé que de la noblesse et du Tiers état ; et qu’ils soient imposés avec une juste répartition où chaqun payeroit égallement ; que celà pourroit encore éviter au frais des receveurs qui doivent coûter à l’état.
  8. Demande aussi que tous les petits procès aissant dans la paroisse, lesquels, après avoir été dans les juridictions, deviennent à estre renvoyés par devant des laboureurs de la parroisse qui sont nommés arbitres. Mais pour arriver à ce but, il coûte beaucoup de frais au lieu que, si ces petites difficultés dans leur commencement étoient sous les yeux du sr. curé et des membres de l’assemblée municipale qui pourroit en discuter, celà éviteroit beaucoup de frais et sur la décision qu’en auroit rendue l’assemblée municipale, les parties n’étant pas d’accord et se poursuivoiroient dans telle justice royale qu’il plairoit à S. M.
  9. Demanderoient aussi que le Roy leur accorde la supression de banalité de moulin, auquel ils se trouvent assujettis envers les seigneurs pour le moulage (sic) de leurs grains.
  10. Représente aussi qu’étant riverains de la forêt et que, n’ayant aucun patûrage, il leur étoit autrefois accordé le patûrage de leur bestiaux dans la forest dans les ventes au-dessus de 10 ans, mais qu’en étant privés aujourdhuy, ils suplient S. M. de bien vouloir leur accorder, d’autant que celà ne fait aucun tart à l aforest, et que celà sera d’une grande utilité pur ceux qui ont des enfans, lesquels pourront avoir une vache afin d’avoir du lait pour élever leurs enfans.
  11. Que plusieurs laboureurs et particuliers ayant des terres voisines de la forest, se plaignent de ce que le gibier tel que le lapin, cerf, sanglier et autres, font un tort considérable à leurs récoltes ; que vu les plaintes portées aux gardes de la Conservation, il n’en écoutent rien et ne se conforment en rien du tout aux règlements qui nous ont été accordés à ce sujet par S. M.
  12. Que les pigeons, pendant les semences et les récoltes, ne cessent de sortir, font un tort considérable aux récoltes ; pourquoy nous prions S. M. de donner un règlement à cet égard.
  13. Demondons que l’on arrette le cours des mendians étrangers et que, à l’égard des pauvres de la paroisse réduits à la mandicité et qui attendent le secours annuel de tout le monde, ne pouvant dans notre parroisse y estre assistés vu qu’il n’y a que 16 s. d’aumône qu’il puisse estre étably au bureau d’hospitalité dans la parroisse pour pourvoir à leur besoin et substance.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer)

La Neuville-Chant-d’Oisel (76) : Histoire

Histoire

« La Neuville-Chant-d’Oisel est une commune située à l’extrémité du département de la Seine-Maritime, en bordure de celui de l’Eure, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Rouen.

[…]

Ce village a été édifié à la suite des défrichements successifs de l’immense forêt de Longboël. […] Une voie Romaine partant de Darnétal, passait par Saint-Pierre-de-Franqueville, Boos, La Neuville, traversait la forêt de Longboël et atteignait Pont-Saint-Pierre. Une autre partait de Rouen (Rothomagus) et rejoignait Radepont (Ritumagus), passant par Montmain et La Neuville. […] Il est possible que les romains aient créé une « station », peu importante du reste, sur le terrain de La Neuville, qui prit au cours des âges, peu à peu, l’allure d’un village […]. Des pièces, médailles, vases et autres objets d’origine romaine furent découverts à plusieurs reprises, attestant, sinon une installation, tout au moins le passage fréquent des armées de César.

[…]

Après la conquête des Francs, les bords de l’Andelle et ses environs appartinrent à la Neustrie. Les rois Mérovingiens y possédèrent les forêts de Lyons, Longboël et Arlaune (Brotonne) et eurent des maisons de repos et de plaisance à Etrépagny, Le Vaudreuil et Vatteville.

Puis les Carolingiens s’installèrent dans la région. En 862 ils élevèrent un château-fort à Pîtres, et fortifièrent les alentours. Charles, roi de France, y rendit un édit royal cette même année, et avisa au moyen d’arrêter les pirates normands. Ceux-ci, après plusieurs incursions dans la vallée de la Seine, se lancèrent dans une attaque d’envergure, qui devait leur assurer la possession du territoire pour toujours. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 912, entre Rollon, chef des Normands et Charles le Simple, roi de France, fixa les limites de la Normandie. Ici commence une ère nouvelle pour le pays, et ses nouveaux possesseurs se partagent les terres des Francs que ceux-ci avaient prises aux Gallo-Romains.

[…]

Il n’apparaît pas être encore question de La Neuville à ce moment là. Du reste, le patronage de la vierge sous laquelle la paroisse est placée, ne laisse pas supposer une installation antérieure aux Xe ou XIe siècles. […] Il y a lieu de penser que l’édification de la localité est dûe aux Normands, aux environ de 950, après la prise de la région. Ceux-ci, installés solidement, firent de leur mieux pour réparer les désastres commis, lors de la conquête de la Neustrie, et leurs chefs, ainsi que les Ducs de Normandie qui succédèrent à Rollon, dotèrent leurs compagnons de vastes domaines. C’est alors que les nouveaux maîtres de la contrée rivalisèrent d’entrain pour construire, assainir, défricher les forêts, etc..

Le XIe siècle fut le temps de la foi la plus ardente du peuple. On venait d’échapper aux terreurs causées par l’approche de l’an 1000, que l’on considérait comme devant marquer la fin du monde. La date fatidique passée, le peuple témoigna sa joie et sa reconnaissance de vivre, par un redoublement de ferveur et de croyance, et l’édification des cathédrales, églises et monastères. Les Seigneurs, animés du même zèle pieux y contribuèrent largement, dotant les communautés et le clergé de possessions importantes et de larges revenus.

C’est ainsi que Guillaume Fitz-Obern, et Adeline son épouse, fondèrent, en 1045, l’Abbaye Notre-Dame de Lyre, sur les bords de la Risle, dans une situation délicieuse, lui accordant dans la charte de fondation, le patronage de l’Eglise de « Chandoysel ». L’érection du pays en paroisse paraît dater de cette époque. Ce fait prouve que la localité, certes bien moins importante que par la suite, existait déjà en 1045, autour de son église, et confirme l’ancienneté du Chant d’Oisel sur le reste du pays.

[…]

L’éthymologie du nom du village est des plus aisée à définir. […] Le « Chant d’Oisel » doit son appellation au gazouillis des nombreux chanteurs emplumés qui peuplent la campagne, car en vieux français, oiseau se prononçait oisel. Quant à La Neuville, c’est par ses nom et origine, la « ville neuve », le pays nouveau construit au fur et à mesure des défrichements de la forêt de Longboël. […] Cette partie du village s’appela d’abord La Neufville, puis l’unissant au Chant d’Oisel, on en fit La Neufville du Chandoysel (Nova Villa Cantus Avis) nom employé dans les plus anciens documents, puis on écrivit la-Neuville-Chant-d’Oisel jusqu’à la Révolution, où pour un motif ignoré mais absurde, on a commencé à orthographier La Neuville-Champ-d’Oisel, enlevant ainsi le charme du nom de la localité, et en dénaturant l’origine. »

Histoire de La Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Il est à noter que la commune a repris depuis son nom initial de La Neuville-Chant-d’Oisel.

Bibliographie

  • Histoire de la Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Cet ouvrage a été réédité en 1989, et peut être trouvé à la Mairie de la Neuville Chant d’oisel.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer)

Raymond Aubé (1899-1971)

Raymond AubéMon arrière-grand-père, Raymond Elie Aubé est né à Rouen (76) le 1er mars 1899.   Il est de la classe 1919, mais est appelé à l’armée dès 1918. Il appartient au 25ème régiment d’artillerie. Il se bat contre l’Allemagne du 21 avril 1918 au 23 octobre 1919, puis part ensuite en Syrie jusqu’au 22 décembre 1920. Il rentre chez lui le 24 mars 1921.  Il se marie le 12 mai 1924 à Saint-Pierre-de-Varengeville (76) avec Solange Levasseur née à Saint-Pierre-de-Varengeville (76) le 15 mai 1903. Tous deux enfants de boulangers, c’est peut-être ce qui les a réunis.

rue louis blanc
Boulangerie du 58 rue Louis Blanc

Raymond quitte dès son mariage la boulangerie familiale de la rue des Charrettes à Rouen, pour s’installer à son compte sur la rive gauche de la Seine, dans la boulangerie du 58 rue Louis Blanc à Rouen (76), où naîtront leurs trois filles Christiane (1925), Micheline (1927) et Rolande (1928).

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Christiane Aubé

communion aube
Rolande et Micheline Aubé

N’étant pas là à l’époque je ne sais pas grand chose de leur vie avant la guerre, mais l’événement qui restera dans la mémoire familiale est la présence à la boulangerie pendant l’hiver 1936-37 du jeune commis André Raimbourg. Il ne restera pas longtemps chez eux et partira jouer la comédie à Paris où il deviendra Bourvil. A son départ il aura laissé à la famille un chien nommé Ripo.

Début juin 1940, la famille Aubé connaît le sort d’une grande partie des habitants du nord de la France. Les allemands arrivent, on sait que les ponts vont sauter, Raymond et son frère Daniel décident de partir de Rouen. Ils laissent leur dernière fournée de pain sur le trottoir et partent avec femmes et enfants vers le sud. Ils sont arrêtés au Mans. Raymond et Daniel étaient mobilisés en tant que boulangers et, par conséquent, ils n’avaient pas le droit de partir. Ils sont donc réquisitionnés et envoyés à Toulouse pour être renvoyés à Rouen. Ils remontent tous assez rapidement. Seules restent Christiane, Micheline, Rolande et leur mère, en raison de la maladie de Christiane. Celle-ci étant déjà malade à Rouen, a mal supporté le voyage et son état s’est aggravé dès l’arrivée à Toulouse. Elle y décède 2 mois plus tard le 27 août à l’Hôtel-Dieu. Micheline, Rolande et leur mère remontent alors à Rouen.

Après la guerre, les filles, quoique bien surveillées par leur mère, trouveront leurs princes charmants, qu’elles épouseront en 1948 et 1949. Voir à ce sujet le texte écrit à l’occasion des 50 ans de mariage de Micheline et André Pessiot sur le blog de mon père.

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Mariage de Micheline Aubé et André Pessiot le 12/04/1948 à Rouen

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Mariage de Rolande Aubé et Robert Morel

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Café rue Sadi Carnot à Darnétal

Dans les années soixante, Solange et Raymond s’installent à Darnétal (76) où ils tiendront un café, rue Sadi Carnot, pendant environ 5 ans, jusqu’à leur retraite. Ils s’installent ensuite rue Armand Carrel à Rouen (76). Raymond décèdera en 1971 et Solange en 1981.  Ils auront eu 3 filles, 5 petits-enfants, 14 arrière-petits-enfants, et de nombreux arrière-arrière-petits-enfants.

Parents de Raymond Aubé

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Louisa Henriette Lorillon

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Aimable Daniel Léon Aubé

Raymond est le fils d’Aimable Daniel Léon Aubé (dont le prénom d’usage était Daniel) et de Louisa Henriette Lorillon . Ceux-ci se sont mariés le lundi 17 mai 1897 à Canteleu (76). Lui était alors garçon boulanger, elle était repasseuse et ils habitaient tous deux à Canteleu.  Dès leur mariage il s’installent au 64 rue des Charettes à Rouen (76) où sont vraisemblablement nés leurs deux fils, Daniel en 1898, et Raymond en 1899.  À partir de 1923-1924, il semble que leur premier fils Daniel prenne la succession à la boulangerie. Je suppose que c’est à cette époque que le couple se retire dans la maison qu’il possédait à Bihorel (76) pour y passer sa retraite. Ils n’ont pourtant alors qu’une cinquantaine d’années.  Aimable décède le 29 mars 1932 dans la maison de Bihorel (76) suite à une péritonite. Il est enterré au cimetière de Bihorel (76).  Louisa Henriette continue alors à vivre à Bihorel. En 1928, une attaque, alors qu’elle portait sa petite-fille Rolande dans ses bras, la laisse paralysée. Elle décède le 9 janvier 1940 à Canville-les-Deux-Eglises (76). Elle est enterrée au cimetière de Bihorel (76) avec son mari.

Ascendance de Raymond Aubé

Son ascendance dans ma base sur Geneanet

L’ascendance de Raymond Aubé est à ma connaissance à 99,99 % normande, avec une toute petite origine picarde mais dans l’Oise et vraiment à la limite de la Normandie.  Les Aubé viennent principalement des cantons de Bacqueville-en-Caux et Tôtes entre la Saâne et la Scie, mais aussi de Rouen et la vallée du Cailly. Et beaucoup plus à l’ouest certains venaient d’Avranches dans la Manche et d’autres du Calvados.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer).

Rollon

Statue de Rollon, dans les jardins de l'Hôtel de Ville à Rouen (on peut noter qu'en ce mois de mai 2011, il vient de retrouver son bras droit...).

Cette année 2011, onze-centième anniversaire de la naissance de la Normandie, est aussi l’année où j’ai découvert que Marie était une des nombreuses descendantes de Rollon.

L’origine de Rollon est incertaine puisque certains le disent venir du Danemark et d’autres de Norvège. La théorie majoritairement retenue est qu’il serait né vers 845 sur une des iles d’Ålesund en Norvège. Fils de Ragnvald Eysteinsson, il est banni de Norvège par Harald Haarfager (Harald à la belle chevelure) vers 875 suite à des actes de pillage dans le pays.

Il prend alors la tête d’une bande de Vikings, essentiellement composée de Danois et de Norvégiens et s’attaque aux côtes de la Mer du Nord et de la Manche. D’après Dudon de Saint-Quentin, historien du début du XIe siècle, il trouve refuge auprès d’un roi anglo-saxon qui lui confie une petite troupe d’Anglais avec laquelle Rollon part ravager la Frise, l’embouchure du Rhin et de l’Escaut.

Le Périple de Rollon d'après Guillaume Ernouf (source Wikimedia Commons)

Traditionnellement, l’arrivée de Rollon en Normandie daterait de 876, mais certains historiens contestent cette date et la situent plutôt entre 890 et 905. Quoi qu’il en soit, il finit par arriver en Neustrie (pillée régulièrement par les vikings depuis 840 environ) et s’installe dans la vallée de la Seine. De là, il participe à de nombreux raids dont le siège de Paris vers 886, s’empare de Bayeux dont il tue le comte Bérenger et épouse more danico sa fille Popa avec laquelle il aura plusieurs enfants.

Etant maître de la région de Rouen, Rollon menace le royaume franc. Or, en 911, des princes du royaume mettent en déroute son armée devant Chartres. C’est le moment que Charles le Simple, roi des francs (aussi ancêtre de Marie), propose à Rollon de négocier : en contrepartie de l’arrêt de ses pillages, le roi offre à Rollon un territoire autour de Rouen, qui deviendra une centaine d’années plus tard le Duché de Normandie. Nous sommes en 911 les deux hommes signent le traité de Saint-Clair-sur-Epte, frontière du territoire normand. Rollon s’engage également à bloquer les autres incursions vikings menaçant le royaume franc. Il se fait baptiser en 912 en la cathédrale de Rouen sous le nom de Robert, du nom du duc Robert, son parrain (également ancêtre de Marie) et épouse Gisèle, la fille de Charles le Simple dont il n’aura pas d’enfant.

Considéré comme le premier duc de Normandie et le fondateur du duché, il ne porte pourtant pas le titre de duc de Normandie mais seulement celui de jarl des Normands, l’équivalent norrois du français « prince ». Il hérite aussi de la charge carolingienne de comte de Rouen, titre de celui qui défendait la Seine contre les incursions vikings.

Rollon lui-même et son entourage sont sans doute restés proches de leurs traditions païennes mais il s’appuie sur l’archevêque de Rouen pour relancer l’Église séculière et rétablir la vie monastique. Il favorise ainsi notamment le retour des moines de Saint-Ouen. Il organise  son duché et rend sédentaires ses soldats, entre lesquels il partage ses terres. Les Vikings se fondent dans la population. Les noms de plusieurs villes et bourgs de Normandie viennent du norrois : Anquetil, Toutain, Bricquebec, Caudebec, Yvetot, etc…

Rollon poursuit également ses expéditions et ses tentatives d’extension territoriale. Il mène une entreprise de pillage jusqu’à Beauvais avec Ragenold, chef des Vikings de la Loire. En 924, le comte Herbert II de Vermandois (encore un ancêtre de Marie) et le roi Raoul, mandé par Hugues le Grand (un autre ancêtre de Marie), fils du roi Robert Ier, parrain de Rollon le prédécesseur de Raoul, mènent une expédition punitive sur le comté de Normandie. Rollon réagit à cet affront en poussant son armée cette fois-ci bien au-delà de l’Oise. Le roi est alors contraint de payer un tribut aux Normands. Rollon reçut également en réparation les régions du Bessin et de l’Hiémois.

En 925, Rollon prend position dans le comté de Flandre ; les villes de Beauvais, d’Amiens, d’Arras et enfin de Noyon sont pillées et incendiées. Face à cette incursion, le Herbert de Vermandois et le roi Raoul allient leurs forces pour piller le comté de Normandie. L’armée de Rollon les repousse, mais il doit faire face à une révolte des gens du Bessin, qui refusent la nouvelle tutelle comtale.

La répression franque ne s’arrête pas pour autant. Arnoul Ier de Flandre (lui aussi ancêtre de Marie) s’empare de Bresles, et attaque Eu. Rollon y envoie des renforts mais les Francs ont raison de la forteresse, qui finit par être brûlée avec ses occupants. Les Normands acceptent alors les termes de l’accord et rendent les terres qu’ils venaient de conquérir.

On ne sait pas exactement quand meurt Rollon. Peut-être est-ce lors du siège d’Eu puisqu’en 927, on voit son fils Guillaume Longue-Épée, prêter serment de fidélité pour les Normands ou quelques années plus tard si on suppose qu’il a abdiqué en faveur de son fils…

Selon le père Anselme, il est inhumé dans la cathédrale de Rouen, puis sa dépouille transférée à l’abbaye de Fécamp dans la seconde moitié du Xe siècle, sous le principat de Richard Sans-Peur, son petit-fils.

Gisant de Rollon dans la cathédrale de Rouen

De toutes les fondations scandinaves en Occident, seule la Normandie s’est maintenue au-delà de trois générations. Rollon est à l’origine de cette réussite…

Sources :