août 312013
 

Histoire

« La Neuville-Chant-d’Oisel est une commune située à l’extrémité du département de la Seine-Maritime, en bordure de celui de l’Eure, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Rouen.

[…]

Ce village a été édifié à la suite des défrichements successifs de l’immense forêt de Longboël. […] Une voie Romaine partant de Darnétal, passait par Saint-Pierre-de-Franqueville, Boos, La Neuville, traversait la forêt de Longboël et atteignait Pont-Saint-Pierre. Une autre partait de Rouen (Rothomagus) et rejoignait Radepont (Ritumagus), passant par Montmain et La Neuville. […] Il est possible que les romains aient créé une « station », peu importante du reste, sur le terrain de La Neuville, qui prit au cours des âges, peu à peu, l’allure d’un village […]. Des pièces, médailles, vases et autres objets d’origine romaine furent découverts à plusieurs reprises, attestant, sinon une installation, tout au moins le passage fréquent des armées de César.

[…]

Après la conquête des Francs, les bords de l’Andelle et ses environs appartinrent à la Neustrie. Les rois Mérovingiens y possédèrent les forêts de Lyons, Longboël et Arlaune (Brotonne) et eurent des maisons de repos et de plaisance à Etrépagny, Le Vaudreuil et Vatteville.

Puis les Carolingiens s’installèrent dans la région. En 862 ils élevèrent un château-fort à Pîtres, et fortifièrent les alentours. Charles, roi de France, y rendit un édit royal cette même année, et avisa au moyen d’arrêter les pirates normands. Ceux-ci, après plusieurs incursions dans la vallée de la Seine, se lancèrent dans une attaque d’envergure, qui devait leur assurer la possession du territoire pour toujours. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 912, entre Rollon, chef des Normands et Charles le Simple, roi de France, fixa les limites de la Normandie. Ici commence une ère nouvelle pour le pays, et ses nouveaux possesseurs se partagent les terres des Francs que ceux-ci avaient prises aux Gallo-Romains.

[…]

Il n’apparaît pas être encore question de La Neuville à ce moment là. Du reste, le patronage de la vierge sous laquelle la paroisse est placée, ne laisse pas supposer une installation antérieure aux Xe ou XIe siècles. […] Il y a lieu de penser que l’édification de la localité est dûe aux Normands, aux environ de 950, après la prise de la région. Ceux-ci, installés solidement, firent de leur mieux pour réparer les désastres commis, lors de la conquête de la Neustrie, et leurs chefs, ainsi que les Ducs de Normandie qui succédèrent à Rollon, dotèrent leurs compagnons de vastes domaines. C’est alors que les nouveaux maîtres de la contrée rivalisèrent d’entrain pour construire, assainir, défricher les forêts, etc..

Le XIe siècle fut le temps de la foi la plus ardente du peuple. On venait d’échapper aux terreurs causées par l’approche de l’an 1000, que l’on considérait comme devant marquer la fin du monde. La date fatidique passée, le peuple témoigna sa joie et sa reconnaissance de vivre, par un redoublement de ferveur et de croyance, et l’édification des cathédrales, églises et monastères. Les Seigneurs, animés du même zèle pieux y contribuèrent largement, dotant les communautés et le clergé de possessions importantes et de larges revenus.

C’est ainsi que Guillaume Fitz-Obern, et Adeline son épouse, fondèrent, en 1045, l’Abbaye Notre-Dame de Lyre, sur les bords de la Risle, dans une situation délicieuse, lui accordant dans la charte de fondation, le patronage de l’Eglise de « Chandoysel ». L’érection du pays en paroisse paraît dater de cette époque. Ce fait prouve que la localité, certes bien moins importante que par la suite, existait déjà en 1045, autour de son église, et confirme l’ancienneté du Chant d’Oisel sur le reste du pays.

[…]

L’éthymologie du nom du village est des plus aisée à définir. […] Le « Chant d’Oisel » doit son appellation au gazouillis des nombreux chanteurs emplumés qui peuplent la campagne, car en vieux français, oiseau se prononçait oisel. Quant à La Neuville, c’est par ses nom et origine, la « ville neuve », le pays nouveau construit au fur et à mesure des défrichements de la forêt de Longboël. […] Cette partie du village s’appela d’abord La Neufville, puis l’unissant au Chant d’Oisel, on en fit La Neufville du Chandoysel (Nova Villa Cantus Avis) nom employé dans les plus anciens documents, puis on écrivit la-Neuville-Chant-d’Oisel jusqu’à la Révolution, où pour un motif ignoré mais absurde, on a commencé à orthographier La Neuville-Champ-d’Oisel, enlevant ainsi le charme du nom de la localité, et en dénaturant l’origine. »

Histoire de La Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Il est à noter que la commune a repris depuis son nom initial de La Neuville-Chant-d’Oisel.

Bibliographie

  • Histoire de la Neuville Champ d’Oisel – 1950 – Jules Lamy

Cet ouvrage a été réédité en 1989, et peut être trouvé à la Mairie de la Neuville Chant d’oisel.

(Cet article est un ancien article qui se trouvait sur mon site généalogique que je viens de fermer)

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