Sosa 135 – Marie Chappé (1773-1852)

J’ai décidé, pour vérifier, étoffer et donner vie à mon arbre de rédiger un billet sur certains de mes ancêtres. Comme tout le monde j’ai mes chouchous, mais pour ne pas faire de jaloux, j’ai décidé de les sélectionner de façon aléatoire, sinon je ne ferais de billet que sur ceux dont je sais déjà qu’ils ont un petit truc en plus. J’ai donc décidé de les tirer au sort parmi mes sosas dans les générations 5 à 9. Une fois sélectionné, même si je ne connais pas grand-chose sur l’heureux élu, je me fixe pour règle de ne pas tergiverser et de faire un billet sur lui quels qu’en soient l’intérêt et les informations que je possède à son sujet.

Encore un fois c’est une femme que le sort a désignée pour ce billet. Il s’agit de Marie Chappé mon sosa 135, une de ces anonymes dont je me demande bien comment je vais pouvoir essayer de la mettre en avant dans ce billet avec le peu d’éléments que je possède la concernant.

Je me lance donc. Marie Chappé est la première fille de Gilbert Chappé et Jeanne Givaudan. Elle naît le 19 février 1773 à Toury-sur-Jour, un an après le mariage de ses parents.

Son parrain est Michel Chappé, qui était peut-être son oncle paternel, mais je n’en suis pas sûre car cet oncle signe habituellement, qui plus est d’une signature assurée, et il déclare ne pas savoir signer au baptême de Marie. Sa marraine est sa grand-mère maternelle Marie Colet.

A sa naissance ses parents habitent au domaine des Touroux où son père est laboureur personnier. D’après le Dicitionnaire du Moyen Français un personnier ou parçonnier est « (Celui / celle) qui est associé à qqc., qui y prend part, qui possède qqc. en commun avec d’autres » . J’en déduis donc que Les Touroux était une communauté familiale. On trouvait beaucoup d’habitations de ce type dans le Nivernais, le Berry et le Bourbonnais. Nous sommes exactement ici au point de jonction de ces trois régions. Les communautés se sont développées dès le moyen-âge pour s’opposer à la mainmorte, le droit qu’avait le seigneur de disposer des biens d’un serf qui, étant attaché à la terre et se trouvant au nombre des possessions féodales, n’a pas la faculté de disposer de ses biens. Pour lutter contre cela, les membres de la famille restaient groupés sous un même toit au même pot et pain. Ils partageaient biens, travail, nourriture, habitation, tout quoi. De cette façon, quand le père ou la mère mourait, la mainmorte ne s’exerçait pas, la communauté continuant à fonctionner. Le seigneur ne pouvait exercer son droit de mainmorte que quand la société était entièrement dissoute.

Il me semble en étudiant les lieux d’habitation de ses grands-parents et oncles et tantes paternels que toute la famille vivait ensemble. En effet la famille a déménagé plusieurs fois. Le grand-père de Marie, Jean Chappé vient du village d’Aurouër dans l’Allier où s’installe sa femme Pétronille Etienne dès leur mariage en 1737. Leurs 4 premiers enfants y naissent respectivement en 1744, 1746, 1750 et 1754. Bizarrement je n’ai pas trouvé d’enfants entre 1737 et 1744 (ceci dit Pétronille n’avait qu’environ 15 ans à son mariage). Le fis suivant naît à Villeneuve-sur-Allier, et la dernière fille à Toury-sur-Jour où toute la famille semble s’être installée au début des années 1760. Ensuite à la fin des années 1770, je les retrouve tous à Sauvigny-les-Bois. Ils semblent donc avoir bougé ensemble, parents et enfants maintenant mariés et ayant eux-même leurs premiers enfants. Après la mort des parents Jean Chappé et Pétronille Etienne en 1784 et 1780, leurs seuls enfants encore en vie se sont finalement séparés, mon ancêtre Gilbert, le père de Marie, quittant Sauvigny-les-Bois pour Marzy alors que son frère Louis reste a priori à Sauvigny-les-Bois.

J’ai une assez bonne vision de sa famille paternelle, mais pour sa mère c’est beaucoup plus mystérieux. Je ne remonte pas au-delà de ses grand-parents Pierre Givaudan et Marie Collet dont je ne sais rien si ce n’est que Pierre était laboureur, habitait Lucenay-les-Aix et est décédé avant 1772. Sa mère Marie Collet elle est quant à elle décédée après 1773 puisqu’elle était la marraine de Marie, mais je n’en sais pas plus.

Marie a donc vécu sa petite enfance à Toury-sur-Jour, puis son enfance à Sauvigny-les-Bois et son adolescence à Marzy. Elle était l’aînée de 9 enfants dont 5 sont morts en bas âge. Ses compagnons de jeu restant sont Françoise sa cadette de 2 ans, Michel né 10 ans après elle et peut être Jean né en 1787 mais dont je ne sais rien ensuite et dont je pense qu’il est probablement décédé tout jeune.

Elle épouse François Gobillot le 12 ventôse an 5. Ce dernier était originaire d’Ourouër (dans la Nièvre) où habitait encore à l’époque. Il est journalier. Jusqu’en 1808/1809, ils restent vivre à Marzy où naissent leur trois premiers enfants : Françoise mon ancêtre née en l’an 10 (encore une fois je n’ai pas trouvé d’autres enfants entre l’an 5 et l’an 10…), Claude leur premier fils né en l’an 13 puis Catherine née et décédée à 5 jours en 1808. Ils semblent ensuite osciller entre Cuffy et Cours-les-Barres. Leurs deux derniers enfants François et Benoit étant nés dasn ces villages respectivement en 1810 et 1813. François (le papa) meurt à Patinges le 20 mai 1840 à 61 ans. Le couple venait sans doute de s’y installer car ils habitaient encore à Cuffy l’année précédente. A la mort de son père leur fils François vient s’installer avec sa mère à Patinges.

Sur ses vieux jours Marie a le malheur de voir deux de ses enfants mourir, Françoise en 1847 à Cuffy qui avait alors 44 ans et Benoit qui meurt accidentellement le 15 août 1860 à Apremont-sur-Allier en tombant du haut du pignon de sa grange en voulant éviter qu’un incendie qui s’y était déclaré ne se propage.

Entrefilet dans le Journal du Cher du 16 août 1860. Le nom cité est Gadiot, mais il s’agissait bien de Benoit Gobillot dont la mort accidentelle est bien relatée dans son acte de décès. (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2471788b/f3.item)

Marie décède 2 ans plus tard le 7 avril 1862 à Patinges où elle habitait toujours avec son fils François resté célibataire. Elle avait 79 ans.


Sources :

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