Sosa 30 de Marie – Jean Baptiste Alfred Touret (1833-1906) : un tonton, un théâtre et un architecte

Photo de Jean Baptiste Alfred Touret

De même que pour ma propre ascendance, j’ai décidé, pour vérifier, étoffer et donner vie à l’arbre de Marie, de rédiger un billet sur certains de ses ancêtres. Comme tout le monde j’ai mes chouchous, mais pour ne pas faire de jaloux, j’ai décidé de les sélectionner de façon aléatoire, sinon je ne ferais de billet que sur ceux dont je sais déjà qu’ils ont un petit truc en plus. J’ai donc décidé de les tirer au sort dans les générations 3 à 9. Une fois sélectionné, même si je ne connais pas grand-chose sur l’heureux élu, je me fixe pour règle de ne pas tergiverser et de faire un billet sur lui quels qu’en soient l’intérêt et les informations que je possède à son sujet.

J’ai tiré le numéro 30. Il s’agit donc d’un arrière-arrière-grand-père de Marie, Jean Baptiste Alfred Touret. Et pour une fois je peux montrer une photo de cet ancêtre !

Alfred (son prénom d’usage) est issu d’une famille modeste de l’est de la France. Sa famille est majoritairement ardennaise et lorraine (Meurthe-et-Moselle) du côté de sa grand-mère maternelle.

Il est né à Omont dans les Ardennes le 31 décembre 1833 de Charles Jean Baptiste Touret (sosa 60) et Marie Jeanne Delétang (sosa 61). Son père est alors marchand de poteries. A priori une première ascension sociale pour la famille, puisqu’il était auparavant bûcheron ou manouvrier. Son grand-père paternel quant à lui a été tour à tour domestique, cultivateur à gage, bûcheron, voiturier, laveur de mine de fer, tandis que son grand-père maternel était tailleur d’habits.

A sa naissance Alfred a déjà deux frères (Etienne 1825, Gérard Paulovitch 1829, Jean Baptiste Célestin 1831), trois frères et deux sœurs (Etienne Prudent 1835, Joséphine Irma Amande Aglaé 1839, une fille morte-née 1841, Victor Emile 1842, Alphonse Jean Baptiste 1846) naîtront après lui.

Entre 1824, année du décès de son grand père maternel Adrien Vaast Delétang (sosa 122) et 1853 un partie de la famille va partir pour Paris.

Il semble que le premier à partir est son oncle Philippe Delétang, seul frère de sa mère. Pourquoi et quand exactement, je ne le sais pas, mais en 1824 au décès de son père, il habite toujours à Omont, puis en 1834 il habite déjà à Paris. Il s’y est sans doute installé avant 1832, car à cette date sa sœur Jeanne Marie se marie à Paris avec Michel Victor Baron. Peut-être étaient-ils partis ensemble. Lorsqu’il est parti Philippe était maréchal-ferrant, il l’est encore à Paris en 1834 lorsqu’il se marie avec Elisabeth Borelle (sosa 63).

Cette dernière est veuve de Michel Léger Châtel (sosa 62) dont elle a alors quatre enfants : Elisabeth, Edmé Michel, Joséphine Pierrette et Pierre Auguste, âgés de 7 à 15 ans. Sa famille est implantée à Montmartre où elle est propriétaire de plusieurs biens à Montmartre (maisons et terrains). Pour l’anecdote, son grand-père maternel était vigneron (les fameuses vignes de Montmartre).

Quelques années plus tard, entre 1846 et 1853, sa sœur Marie Jeanne, rejoint son frère à Paris avec sa famille. En 1853 Marie Jeanne, Charles son mari et ses 7 enfants, âgés de 7 à 22, ans sont à Montmartre. Les parents sont alors fruitiers et sont installés Chemin des Boeufs qui deviendra la rue Marcadet. Je suppose que Philippe a profité du décès de ses beaux-parents et de l’héritage de sa femme, pour faire venir sa soeur, car la famille de sa femme possédait des maisons et terrains chemin des bœufs où se sont sans doute installés les Touret.

En 1853, Alfred (n’oublions pas que c’est lui le héros de ce billet) qui a 19 ans épouse Joséphine Pierrette Châtel (sosa 31) du même âge, fille d’Elisabeth Borelle et donc belle-fille de son oncle Philippe.

Dès lors il s’installe 16 rue de la Tour d’Auvergne où habitent également son oncle Philippe Delétang et sa belle-mère, parents de sa femme.

Grâce au sommier foncier de Paris (merci à Sylvaine pour sa video qui m’a fait découvrir cette source), j’ai pu déterminer que la propriété du 16 rue de la tour d’Auvergne appartenait à Philippe Delétang depuis au moins 1846. Voici la description que j’en ai trouvé dans le Moniteur universel du 21 février 1862 où il est annoncé la vente par licitation de plusieurs propriétés suite au décès d’Elisabeth Borelle en 1861.

Comme vous le voyez cette maison comporte plusieurs appartements, Alfred devait habiter l’un d’eux avec sa femme et ses enfants tandis que son oncle et sa belle-mère en occupaient un autre.

Bien évidemment, ce qui a éveillé ma curiosité est le théâtre. Posséder un théâtre n’est pas commun !

Ce théâtre a été ouvert 1840 à 1882. Je suppose qu’il a été construit en 1840. Etait-ce par Philippe Delétang ? Je ne sais pas.

Il s’est d’abord appelé Théâtre de l’Ecole Lyrique car la maison abritait également cette école, puis il a été dénommé Théâtre de la Tour-d’Auvergne. Je n’en ferais pas l’historique, mais vous trouverez quelques liens dans les sources si vous souhaitez aller plus loin.

Mais revenons à Alfred. Après la vente du 16 rue de la Tour d’Auvergne, Alfred et sa famille y habitent toujours et ce jusqu’en 1882. A-t-il racheté ce lot ? Y est-il resté locataire ? Encore une question sans réponse.

Lorsqu’il se marie, il est métreur vérificateur dans le bâtiment.

Je lui connais trois enfants tous nés rue de la Tour d’Auvergne : Adrien Philippe Alfred né en 1856, Edmond Alfred en 1910 et Joséphine Marguerite Adrienne (sosa 15) née en 1861. En 1861 à la naissance de sa fille, il est finalement dit architecte. J’ai peu d’informations sur sa carrière, mais j’ai quand même pu trouver une petite liste de bâtiments parisiens dont il est l’architecte :

  • 103 rue Ordener – Paris 18e, maison particulière (image de gauche)
  • 147 avenue de Villiers – Paris 17e, immeuble d’ateliers d’artistes (image de droite)
  • 21 Boulevard Ornano – Paris 18e
  • 96 Rue de Maubeuge – Paris 10e

Son fils Edmond Alfred obtient son diplôme d’architecte en 1887 et père et fils semblent travailler ensemble à partir de cette date.

Son premier fils Adrien Philippe Alfred est vétérinaire et est installé à Sannois (95).

Sa fille Joséphine Marguerite Adrienne épouse en 1883, Germain Desbazeille (sosa 14), bijoutier-joailler. Germain est le fils de Clémence Legrand (sosa 28). Dans sa jeunesse, entre 1845 et 1850, celle-ci était chanteuse d’opéra. Je me plais à penser qu’elle a chanté au théâtre de l’Ecole-Lyrique et que c’est ainsi que les deux familles se sont rencontrées.

Alfred quitte la rue de la Tour d’Auvergne vers 1882 pour Asnières jusqu’en 1886 au moins, puis Bois-Colombes (92), et terminera sa vie à Asnières où il meurt le 5 juin 1906.

Sources :

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